Le parcours de Céline enseignante d’histoire-géographie-EMC

Comment expliquez-vous que votre projet de devenir enseignante était déjà présent depuis votre enfance ?

J’ai toujours voulu devenir enseignante, petite je jouais à la maîtresse comme beaucoup d’autres enfants je suppose. Et puis au fil des années, mon projet s’est étoffé et je me suis très vite tournée vers la littérature et les sciences humaines. Ce que j’aime dans le fait d’être enseignante c’est d’apprendre plein de choses et surtout de les retransmettre à mon tour.

Après le baccalauréat, vous entrez en faculté des lettres et sciences humaines à Nancy. Vous faites le choix d’études supérieures en histoire-géographie. Qu’est ce qui est à l’origine de votre spécialisation en licence pour l’histoire antique ?

Je me suis spécialisée en histoire ancienne en 3ème année de licence du fait de mon parcours scolaire que je dois surtout à mon père. J’ai fait du latin et du grec ancien au collège puis au lycée. J’adore à la fois la rigueur que cette période de l’histoire nous impose mais aussi la culture et la civilisation antique. Donc en 3ème année quand il a fallu faire un choix j’ai choisi l’histoire ancienne non seulement parce que c’était facile pour moi ayant déjà des bases en latin et en grec mais aussi parce cette partie de l’histoire reste le fondement de notre civilisation et de notre langue. J’aime beaucoup expliquer aux élèves l’origine des mots, la mythologie et ce qu’il reste encore aujourd’hui en termes de traces archéologiques de ce passé pourtant lointain.

À quel moment de votre parcours avez-vous montré une réelle motivation pour la géographie ? Comment vous y prenez aujourd’hui pour sensibiliser vos élèves à cette discipline ?

Depuis la licence je fais de la géographie (quasiment autant d’histoire que de géographie) mais j’ai vraiment apprécié la géographie et tout ce qu’elle représente en master. N’étant pas la matière dans laquelle je me sentais le plus à l’aise je l’ai peut-être plus travaillé. Il faut aussi dire que j’ai eu la chance d’avoir des enseignants-chercheurs passionnés avec qui je suis restée en contact et qui m’ont fait apprécier cette matière souvent peu/mal connue. Les préjugés que j’avais les élèves les ont aussi. Mon objectif est donc de leur faire comprendre l’intérêt de la géographie afin de comprendre le monde actuel. J’essaie le plus possible de les faire voyager autour d’études de cas multiples et d’utiliser les réflexions géographiques pour leur faire comprendre l’actualité (géopolitique, aménagement du territoire etc). Avoir un esprit critique est essentiel dans notre monde actuel et c’est le rôle, à mon sens, de l’histoire-géographie.

Vous avez mis en œuvre le projet transversal « raconte ta ville » impulsé par le réseau Canopé. Pouvez-vous développer les grandes lignes de cette démarche ? En quoi ce projet vous a-t-il amené à diversifier vos approches pédagogiques ? Pour quels résultats ?

Le projet « raconte ta ville » est un projet à l’échelle nationale dont le but est de faire réfléchir les élèves sur la ville de demain sous forme d’un webdoc. Ce projet s’inscrivant dans le programme de 6ème, ma collègue professeure-documentaliste et moi-même avons décidé de nous lancer dans cette aventure. Les élèves ont dû imaginer la ville de Luxeuil-les-Bains dans le futur autour de 4 axes liés au développement durable (se nourrir, se loger, travailler, se divertir). Nous avons donc fait un état des lieux de la ville de Luxeuil-les-Bains et grâce à des recherches documentaires les élèves ont créé la ville qu’ils voulaient avoir dans le futur. Cela a été un travail de longue haleine mais les élèves ont pu ainsi découvrir une branche de la géographie qu’on appelle la géoprospective, ils ont acquis des compétences concernant la recherche documentaire. Nous avons eu aussi la chance de travailler avec ma collègue de français (rédiger l’histoire et la description de leur projet) et d’initier les élèves au monde de la radio avec l’enregistrement de leurs voix. C’était un projet transdisciplinaire qui montre que les connaissances ne doivent pas être cloisonnées.

On peut voir le webdoc ici, et des interviews sur le projet .

Parallèlement à votre fonction d’enseignante, vous avez été élue conseillère municipale de votre village des Vosges. Pourquoi relever ce défi citoyen ? Envisagez-vous un jour la responsabilité de maire ?

Plus jeune je faisais partie du conseil des jeunes de ce même village, j’ai toujours aimé participer à la vie de mon village. Je me sens concernée par ce village car ma famille s’y est implantée depuis plus d’une centaine d’années. Quand l’équipe m’a demandé de participer au futur conseil municipal j’ai trouvé que c’était une suite logique dans mon engagement citoyen. De plus, je suis également enseignante d’EMC, quoi de mieux que de connaître les institutions de l’intérieur pour les expliquer aux élèves. Cependant je n’envisage pas de me présenter un jour aux fonctions de maire car c’est une fonction avec de lourdes responsabilités. Par contre travailler en tant qu’élue au sein des intercommunalités pourquoi pas (je garde toujours un lien avec la géographie et l’aménagement du territoire finalement).

Comment voyez-vous l’évolution de votre carrière ? Où et dans quelle peau professionnelle vous voyez-vous dans 15 ans ?

Dans le futur j’aimerais passer l’agrégation apprendre et acquérir de nouvelles connaissances est vraiment quelque chose que j’aime. Ce que je souhaite c’est rester à jour sur le plan scientifique afin d’en faire profiter les élèves. Apprendre de nouvelles façons d’enseigner me semble important car aujourd’hui nous avons un public de plus en plus varié et notre objectif est de répondre aux différentes formes d’intelligence des élèves. Pourquoi pas me former pour former à mon tour les futurs enseignants et préparer les étudiants au CAPES, c’est quelque chose qui en effet me plairait bien.

Céline BIHR, enseignante d’histoire-géo dans le 70

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