Le parcours de Lauryn, future PE

Durant vos « années collège », vous vous engagez dans la formation des JSP (jeunes sapeurs-pompiers volontaires). Comment est né ce projet pour vous ? En quoi consistait la formation suivie ? Quelles ont été les compétences développées pendant ces 2 années ?

Il n’y avait pas véritablement de projet. Il est apparu comme par magie. Je n’y avais jamais songé puisque je n’en avais jamais entendu parler. C’est lors d’une intervention de l’adjoint chef de centre, que je me suis engagée sans savoir réellement ce qui m’attendait. Mais lorsque la formation a débuté ce projet a pris plus de place que prévu puisque je me suis engagée dans le rang des sapeurs-pompiers volontaires. Pendant deux années vous apprenez les manœuvres incendies, les manœuvres spécifiques, le nom des véhicules, des tuyaux, de chaque grade. En d’autres termes tout ce qui fait référence au métier de pompier volontaire. À la fin de ces deux années, la formation est plus fine dans l’apprentissage puisque la clé est votre entrée dans une caserne. On vous apprend donc comment prendre en charge une victime, selon son état, les soins à lui administrer, quel type de matériel utiliser.
On vous forme pour venir en aide à des victimes, vous devez donc connaître le contenu théorique de A à Z. Vous ne pouvez pas avoir de doute. Lorsque vous arrivez sur l’intervention, on vous dirige, on vous donne des ordres, et vous devez les connaître par cœur. C’est en cela que cette formation m’a permis d’être rigoureuse. Il faut apprendre chaque geste, chaque parole, chaque commandement. J’ai su faire preuve d’intéressement et de rigueur pour être la meilleure possible lors de mes interventions.


Après le baccalauréat, vous vous lancez dans la préparation d’une licence STAPS. Qu’avez-vous envie de retenir de ce parcours universitaire ? Quelles sont les disciplines sportives qui ont votre préférence ? Pourquoi ?

Les premiers mots qui me viennent sont richesse et développement. La première année a été très difficile. Nous sommes en autonomie et la méthode d’apprentissage des cours est différente de celle du lycée. L’adaptation a été longue mais cela m’a permis de me rendre compte de quoi j’étais capable et que j’en étais capable. Ces trois années de licence m’ont permis de faire des rencontres avec des professeurs, m’ayant fait grandir et me découvrir.
L’apprentissage et la découverte de nouvelles disciplines a été un plaisir. Plus les années passaient, plus mon cursus me plaisait. La première année, c’est différent. C’est un tronc commun, nous apprenons des choses variées et non spécifiques. Malgré tout, les cours m’ont été très utiles et enrichissants. C’était un plaisir d’apprendre et d’aller en cours. L’année qui a suivi, l’envie a diminué. Le confinement est arrivé, la proximité sociale avec les professeurs n’existait plus et apprendre devenait très compliqué. J’ai eu des doutes, cela n’a pas été toujours agréable. Mais c’est en cette dernière année de licence que j’ai compris que ma voix était celle-là. Transmettre mon savoir à mes élèves.
Durant votre licence vous avez un sport prédominant : votre spécialité. Alors j’ai choisi la danse sans savoir ce qui m’attendrait. Et pour répondre à la question, c’est cette discipline qui m’a le plus plu. Dans un premier temps par le contenu théorique qu’elle m’a apportée mais aussi pour l’apprentissage personnel. La professeure qui dirigeait ce cours était particulièrement avenante avec ses élèves, à l’écoute, attentive. Elle installait avec vous une proximité et un lien qui séduit. C’est ce genre de professeure que j’essaye de devenir et j’essaie de mettre en place ces compétences lors de mes stages. On peut dire qu’en globalité les sports collectifs m’ont également beaucoup plus.
Alors que je me destine à être professeure des écoles, le travail en équipe est une des compétences que nous devons développer : mettre en place des stratégies, définir des pratiques en équipe ! L’esprit d’équipe est une des choses qui m’anime également dans la vie en générale.

Vous candidatez sur des postes d’assistant d’éducation et vous effectuez un premier remplacement dans un collège rural. Quelles missions vous ont été confiées ? Puis vous obtenez un autre contrat sur un poste à profil dans un collège urbain. Quelles sont vos attributions et vos motivations liées à cette nouvelle responsabilité ?

Alors que mon premier poste d’assistante d’éducation m’est offert, on m’a demandé de prendre les appels téléphoniques des parents, dresser la liste des absents et téléphoner aux parents si les absences ne sont pas justifiées, remplir les billets d’absences de retard. Durant cette période j’ai également fait la surveillance dans plusieurs lieux : à la cantine, en permanence et dans la cour lors des interclasses. Il n’y a pas que des tâches « administratives ». Lors des permanences il faut également aider les élèves qui en ont besoin, les écouter s’ils ont des soucis.
Dans le collège Albert Camus, mes missions sont différentes et plus adaptées à mon futur métier. Alors que le coronavirus fait augmenter le nombre d’absents, une de mes missions est de récupérer les différents cours de ces élèves. Mais pour moi celle se rapprochant davantage du professorat est le suivi de certains élèves. En d’autres termes, certains sont en décrochage, viennent très peu en cours ou rencontrent des difficultés, je reprends avec eux les différentes matières. On pourrait assimiler cela à du soutien ou des cours particuliers

Vous préparez actuellement le concours de professeur des écoles à l’Inspé. En quoi ce métier répond-il à vos attentes ? Les stages auxquels vous avez participé vous ont-ils conforté dans cette « vocation » ? De quelle façon ?

Alors que je doute de mon orientation professionnelle, cette dernière période de stage me rappelle pour quelles raisons je suis à l’Inspé : transmettre des connaissances, un savoir théorique mais également social et éducatif à mes élèves. Être enseignant n’est pas simplement synonyme de transmission de savoirs purement théoriques. Il est primordial de susciter un intérêt chez les élèves, de trouver ce qui les anime, ce qui leur donne du sens. Ce que je trouve important dans ma formation ne concerne pas seulement les disciplines et les programmes, mais également le lien, trouver une pédagogie qui corresponde aux besoins de élèves. Prendre en compte leurs différences. Nos stages nous permettent de prendre en charge plusieurs créneaux, « d’être sur le terrain » et de nous préparer au mieux pour notre futur métier. Lorsque vous vous tenez devant vos élèves, que votre leçon les intéresse, qu’ils participent vous êtes fière, et c’est cette sensation qui vous dit : « tu peux être fière de ton travail, c’est ta voie » !

Comment voyez-vous le stage rémunéré en tant que professeur des écoles en M2 et quels sont vos objectifs pour mener à bien en même temps la préparation du concours et la pratique pédagogique ?

Je le vois comme un défi. Cette dernière année de Master risque de présenter une charge de travail conséquente. La préparation au concours, le stage lui-même, l’obtention du M2 et la validation du mémoire sont des éléments faisant partie de la liste à entériner l’année prochaine. Néanmoins, ce stage me sera bénéfique notamment dans la préparation du concours. J’y vois ici une opportunité de mettre en place des séances, de tester différents types de pédagogies, de préparer personnellement mes séances. Avec ce stage, j’aurai un avant-goût de mon futur métier, je saurai à quoi m’attendre. Ce sera pour moi l’occasion de m’exercer, commettre des erreurs dans la construction de mes séances, de me perfectionner afin d’avoir de solides bases pour ma première année de titulaire. Grâce à ce stage, je pourrai développer de nombreuses compétences pédagogiques, didactiques et théoriques. La charge de travail qui m’attendant l’année prochaine est importante, cependant je vais transformer l’aspect « travail » du stage pour en faire une richesse. Je dois allier le stage et la préparation au concours pour en faire une force, un pilier sur lequel m’appuyer afin d’en faire quelque chose de bénéfique. En somme, ce stage sera pour moi l’occasion de me préparer au concours en consolidant me savoirs théoriques mais également didactiques avec les différentes séances que je mettrai en place. Il sera profitable pour les épreuves orales orientées sur la didactique et la construction d’une séance pédagogique.

Lauryn Mayeur, AED dans un collège du Doubs et préparationnaire du CRPE

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