Laurine, future prof d’anglais, a plusieurs cordes à son arc

Après des études universitaires en anglais, vous faites le choix de la préparation d’un Master MEEF. Quelles sont vos principales motivations pour intégrer l’ESPÉ et devenir enseignante ?

Dès mon plus jeune âge, j’ai développé mon intérêt pour l’apprentissage des langues étrangères. L’anglais fut à l’origine de ma première approche avec les langues. Dès lors, cette matière a été celle de prédilection durant toute ma scolarité. C’est cliché, mais cependant vrai : j’ai toujours, depuis aussi loin que je m’en souvienne, voulu être enseignante. Il était important pour moi que de partager le goût de l’apprentissage d’une langue, mais surtout : le goût d’apprendre, tout simplement. Alors, quoi de mieux que de réunir la matière qui m’a toujours animée avec un rêve de petite fille ?

Vous effectuez un stage de pratique accompagnée dans la classe de CM d’une école rurale. Que retenez-vous de cette expérience pédagogique ? Quels atouts voyez-vous pour enseigner à la campagne ?

La-dite école était exclusivement composée d’une classe à double niveau CM1 et CM2. Les élèves présentaient des formes dys, incluant dyslexie et dyspraxie. Cela m’a amenée à mettre en pratique la pédagogie différenciée. C’est une méthode d’apprentissage qui privilégie les besoins et possibilités de l’enfant, en s’adaptant à lui afin de lui proposer des supports et outils spécifiques. La différenciation me tient à cœur car elle reste pour moi l’une des clés pour un apprentissage égalitaire pour chaque élève, lui permettant de progresser à son rythme.

Enseigner en territoire rural implique, selon moi, une confiance venant des familles qui favorise une sérénité chez l’enfant. La connivence parent-professeur permet un climat de bienveillance. Cela induit une relation d’écoute et de convivialité. Ce sont des points non négligeables pour le sentiment d’appartenance de l’élève vis-à-vis de l’école, ce cercle vertueux devenant une source de motivation pour l’élève face à la structure scolaire.

Pendant deux mois, vous découvrez une frange du système éducatif canadien. De quelle façon ? Quelles différences vous ont frappée avec le fonctionnement de l’école française ? Quels enseignements en tirez-vous pour votre pratique professionnelle ?

J’ai eu la chance de pouvoir partir au Canada lors de ma dernière année de master. J’ai alors enseigné en tant que professeur des écoles à Spring Park School, sur l’Île du Prince Édouard, au nord de la Nouvelle-Écosse. Bien que ce soit une petite province où le français est peu parlé, l’école proposait un cursus d’immersion français. Ce programme prend effet de la maternelle et dure jusqu’au collège. Pour ma part, j’étais en charge de la première année de maternelle, ce qui correspond à la grande section en France. Malgré le fait que les élèves n’ont l’équivalent que d’une seule année avant le cours préparatoire, ils terminent leur première année en sachant lire, écrire, et compter. Ce qui est impressionnant, d’autant plus quand il s’agit de compétences acquises dans deux langues. L’enseignement des matières fonctionne beaucoup par centres/ateliers tournants. Je me suis totalement retrouvée dans cette méthode qui rend les élèves incroyablement autonomes dès leur plus jeune âge. C’est une pratique que j’ai conservée mise en place lors de mon enseignement dans le secondaire et post-bac.

Vous ajoutez la vie scolaire comme une corde à votre arc en devenant assistante d’éducation dans un lycée général et technologique. Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans cette fonction ? En quoi est-elle, pour vous, complémentaire de celle d’enseignante ?

Être assistante d’éducation permet de voir l’élève sous un tout autre angle. Il est, je trouve, très intéressant de se rendre compte ce qu’il se passe en dehors de la salle de classe. L’élève est un individu à part entière avec ses idées, ses passions, ses craintes qui lui sont propres. Avoir rejoint la vie scolaire m’a permis de trouver le bon équilibre entre fermeté et tolérance.

Quand on devient assistant d’éducation, nous n’avons pas la même relation avec les élèves. que lorsque nous enseignons. Ainsi, découvrir les différents rouages d’un établissement scolaire est essentiel afin d’adapter son comportement aux situations auxquelles nous pouvons faire face.

Vous acceptez la mission de formatrice d’anglais au sein de l’UIMM (Union des industries et Métiers de la métallurgie) de Franche-Comté. Quelle est l’originalité de cette approche en milieu professionnel ?

J’ai fait ma rentrée en 2020 à l’UIMM, qui s’apparente à un lycée professionnel. Je suis en charge de CAP, BAC et BTS sur deux pôles en Franche-Comté. Ayant toujours eu comme première approche des élèves de maternelle et primaire, la découverte du secondaire s’est avérée incroyablement enrichissante. Le défi à relever était de valoriser une discipline générale en tenant compte de l’intérêt des élèves. L’objectif étant de progresser en suscitant le côté ludique qu’offre l’apprentissage d’une langue étrangère à travers la culture, les anecdotes, l’histoire, la géographie, les arts, et les actualités.

L’école vient tout juste d’être équipée d’une salle de classe insonorisée et décloisonnable composée de différents espaces : îlot, informatique, mange-debout, table ronde,… Un paradis pour une fan d’ateliers tournants autonomes telle que moi ! Une chance, lorsqu’on débute, d’avoir à disposition autant d’outils pédagogiques à exploiter.

Que souhaitez-vous partager de vos centres d’intérêt, vos passions ?

Le sport a depuis quelques années maintenant une place centrale dans mon quotidien. Parmi les quelques disciplines sportives que je pratique, c’est le body-combat que j’affectionne tout particulièrement. Outre le fait de pouvoir évacuer, c’est le dépassement de soi et les rapides progrès qui m’attirent le plus.

Pour aller plus loin dans cette lancée, j’ai décidé de m’engager dans la réserve en gendarmerie. À cet égard, je réaliserai ma préparation militaire cette année. J’ai besoin de me prouver que je suis capable d’aller toujours plus loin, et mon goût de l’aventure me pousse à vouloir découvrir de nouvelles expériences enrichissantes.

Laurine Grosjean

Pour en savoir plus sur l’école au Canada, retrouvez Laurine sur « École de demain » : Immersion imminente : découvrez le système éducatif canadien !

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