Olivier, prof doc dans un établissement français à l’étranger, témoigne…

Olivier, de l’académie de Nantes, a été affecté au sein de l’Agence des Etablissements Francais à l’Etranger (AEFE), pendant 2 ans, au lycée français de Marrakech, au Maroc. Il nous raconte son expérience, et fait le point sur les conditions de travail, d’exercice et sur ce qu’il retient de cette expérience de prof-doc à l’étranger.

Peux-tu me dire à quoi ressemblait ton CDI à Marrakech ?

L’établissement se situait dans le centre-ville de Marrakech, dans le quartier du Gueliz. Ancienne caserne militaire dans les années 50, Le CDI était un bâtiment à part en plein milieu du lycée. Quand je suis arrivé en 2017, le CDI sortait de 2 mois de travaux (clim, isolation, peinture, etc…), j’ai donc pu l’investir totalement et m’impliquer dans les choix de couleurs et de réaménagement. C’était donc un très bel endroit, très clair, très spacieux avec une superbe signalétique. On m’a laissé une grande liberté et j’ai eu un beau budget pour décorer le lieu. Et enfin grand privilège, nous étions à Marrakech avec des températures douces 10 mois de l’année, on a donc pu créer, en plus du coin lecture du CDI, un jardin de lecture avec des chaises longues et des tables de travail qu’on a fait faire par des artisans marocains avec de chouettes carreaux de ciment. Ce jardin a d’ailleurs été agrandi depuis mon départ, grâce à la documentaliste qui m’a succédé qui a monté un projet avec des élèves de seconde et qui a fait appel à une paysagiste locale. Bref un lieu magnifique qui me manque beaucoup aujourd’hui.

Est-ce difficile d’obtenir un poste prof doc à l’étranger ?

J’avais des rapports d’inspection plutôt positifs, je pense que ça aide. Outre la constitution du dossier que j’ai trouvée complexe, ça a été assez facile pour moi puisque j’ai eu des nouvelles du SCAC (Service de coopération et d’action culturelle), à qui j’avais envoyé mon dossier, rapidement, et obtenu le poste trois mois après avoir fait ma demande. Le SCAC de Rabat est très réactif et très présent au moment du recrutement, par mail : on t’informe que ton dossier est bien arrivé, que tout est complet, on répond à tes questions quand tu as besoin de connaître le protocole de recrutement…bref je me suis senti épaulé. Le proviseur du lycée n’a pris contact avec moi qu’une fois que mon dossier de demande de détachement et de mise en disponibilité avait été validé.

En quoi l’exercice du métier prof doc était différent à l’étranger?

Le métier reste le même, la reconnaissance est peut être plus grande à l’étranger (élèves et hiérarchie) et on a une plus grande marge d’action avec des budgets de fonctionnement plus importants. C’est surtout une question de personne : j’ai eu affaire à une équipe de direction qui te fait confiance, qui vient te voir quotidiennement pour prendre des nouvelles, qui t’implique dans la vie de l’établissement, un adjoint qui te dit merci et bravo pour ton travail, c’est rare en France !

Ton meilleur et ton pire souvenir de l’expérience prof doc à l’étranger ?

Mon meilleur souvenir : Les élèves du lycée français sont pour la grande majorité d’entre eux extrêmement travailleurs, volontaires et brillants. Les élèves peuvent parfois applaudir à la fin d’une séance et vous dire merci, j’avoue que ça ne m’est jamais arrivé en France.

Pire souvenir : Quand la Wilaya (équivalent de la préfecture) qui fournissait les cartes de résidents m’a demandé un certificat de vie. Être devant l’agent en chair et en os n’était pas suffisant, il leur fallait un papier qui prouvait que j’étais bien vivant. Ça m’a fait rire !

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