De PE à professeur d’anglais en collège, le parcours de Céline

Après 15 ans passés en tant que PE, vous faites le choix d’intégrer le secondaire en tant que professeur d’anglais. Quel a été l’élément déclencheur pour un tel choix ?

J’ai toujours eu dans l’idée d’enseigner dans le second degré mais, en sortant de l’université à 21/22
ans, la crainte du faible écart d’âge avec le public rencontré m’a conduit vers l’enseignement dans
le premier degré. A ce moment-là de ma vie, ce choix me paraissait plus adapté au développement
de mes compétences d’enseignante.

Par la suite, différents éléments m’ont encouragée à évoluer professionnellement :

– l’accompagnement d’un proche à l’épreuve du TOEFL (Test of English as a Foreign Language)
– davantage de maturité et de confiance face aux élèves
– le goût du « challenge » dans la nécessité de se remettre au meilleur niveau possible pour répondre aux exigences de l’enseignement dans le second degré.

On imagine le passage du premier degré au second degré comme un parcours semé d’embuches… Quelles démarches administratives avez-vous entreprises pour arriver là où vous en êtes aujourd’hui ?

J’ai suivi la voie hiérarchique, c’est à dire que j’ai eu un entretien avec l’IEN de ma circonscription pour parler de mon projet puis j’ai eu un entretien avec une IA-IPR d’anglais pour mieux jauger les attentes de l’enseignement de l’anglais dans le second degré.
J’ai ensuite monté un dossier de détachement dans le second degré. Je tiens à préciser qu’il est important de suivre une formation solide avant d’effectuer la transition. C’est pourquoi, j’ai intégré une licence de LLCER (Langues, littérature et civilisations étrangères) d’anglais en troisième année après validation des acquis linguistiques par l’université de Bourgogne Franche Comté (Dossier à demander auprès de l’université).
Cette formation a été permise grace à un congé pour formation professionnelle : huit mois m’ont été accordés pour suivre la licence LLCER d’anglais de septembre à avril. Cela signifie que j’ai monté un dossier de demande de congé professionnel à valider auprès de l’IEN de circonscription puis auprès des Ressources Humaines.
Enfin, j’ai eu un entretien avec deux IPR d’anglais sur les connaissances pédagogiques et linguistiques. Leur réponse favorable a permis à Mme l’IA-DASEN d’accorder le détachement.

Vous avez mis toutes les chances de votre côté pour réussir votre certification. Expliquez nous ce que vous avez engagé personnellement pour réussir à enseigner dans le second degré (reprise d’études, cours du soir…) ?

J’ai effectivement engagé beaucoup de temps et d’énergie dans cette reconversion puisqu’en parallèle des cours à l’université, j’ai fait le choix de suivre une formation complémentaire de langue au CLA (Centre de linguistique appliquée), ainsi que des cours à distance (3 heures par semaine pendant 6 mois) et un stage avec un organisme linguistique à l’étranger pour renforcer mes connaissances et prendre davantage confiance en mes compétences linguistiques.
Toutes ces formations ont été financées personnellement.

Vous enseignez aujourd’hui en collège. Votre expérience en école primaire et en milieu rural sont-ils des atouts dans votre vie professionnelle actuelle ?

Oh que oui ! Ce sont des atouts majeurs et je m’en rends compte au quotidien.
Tout d’abord, la connaissance de l’enfant de 3 à 11 ans et de son développement m’aide énormément dans l’appréhension des enseignements à des adolescents au collège. Le premier degré m’a permis de voir comment l’élève peut se développer dans les différentes disciplines enseignées.
Le fait de voir l’élève dans sa globalité est un atout majeur.
Par mon expérience de professeure des écoles (gérer les mêmes élèves 6h par jour, quatre jours par
semaine), j’ai l’impression d’être mieux « armée » dans la gestion de classe et face à la diversité des
élèves. J’ai développé des stratégies qui me permettent d’appréhender au mieux les différents
profils.
J’ai pu développer le travail en collaboration avec le RASED et une connaissance assez fine des dispositifs d’accompagnement à l’inclusion et de mise en place de différenciation d’enseignement.
Le fait de maîtriser la notion de différenciation pédagogique est donc un atout clef.
Enfin, dans le premier degré, j’ai appris à porter un regard positif et encourageant sur l’élève pour
lui permettre la prise de confiance, l’acceptation de l’erreur dans ses apprentissages dans le but de
favoriser son développement. Cette attitude est fondamentale face à des adolescents qui ont tout
autant besoin de bienveillance.

Demain, vous vous retrouvez face à un/une collègue aspirant au même envie de changement, quels sont les premiers conseils ou retours d’expérience que vous lui faites ?

Je lui conseille de foncer si c’est son envie ! Je ne regrette pas du tout mon choix même si cela m’aura demandé de longs mois de travail personnel. Je pense que nous gagnons toutes et tous à nous diversifier et à découvrir d’autres expériences professionnelles. J’ai beaucoup appris, tant sur le plan professionnel (compétences pédagogiques et linguistiques) que personnel (relever un challenge, se remettre aux études, APPRENDRE, tout simplement !)

Céline Michelin : professeur d’anglais à Vesoul

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