D’assistante d’éducation à CPE, le témoignage de Magali

La richesse du parcours de Magali ne peut que retenir notre attention. Elle exerce aujourd’hui le métier de CPE à la lumière d’expériences  précédentes qui donnent une autre dimension à sa pratique professionnelle. À la fois réflexive et pragmatique, elle s’apprête à découvrir de nouveaux horizons géographiques avec un objectif : avancer et se remettre en question.

1) Avant de réussir le concours de CPE, vous avez exercé la fonction d’assistante d’éducation dans un EREA du département du Rhône. Quels sont les grands enseignements que vous tirez de cette expérience, en particulier dans l’accompagnement des élèves en difficulté ?

Le travail en EREA (celui de Villeurbanne étant spécialisé dans la Déficience visuelle) est une leçon de vie.

À titre personnel, je n’avais jamais été confrontée à l’accompagnement d’un public porteur de handicap. L’ouverture d’esprit apportée par cette expérience est comparable à celle du voyage. La richesse des échanges avec des élèves qui parlent sans tabous de leurs difficultés conduit à la prise de conscience d’une réalité méconnue.

La collaboration est indispensable, non seulement avec les éducateurs présents sur le collège en permanence (surtout à l’internat), mais également avec l’équipe médicale (plateau technique important).

Certains élèves présentant des pathologies très sévères rendent impératifs une surveillance et un accompagnement accrus.

Il est évident que ce type de prise en charge favorise le lien à l’enfant. Il nécessite d’être à l’écoute des besoins des élèves tout en maintenant le même cadre que pour tout autre jeune de l’enseignement ordinaire.

Il faut trouver un juste équilibre entre l’adaptation bienveillante à un public particulier et la fermeté garante du cadre éducatif et indispensable à la bonne marche du service.

Le nombre restreint d’élèves par classe permet un suivi de plus grande proximité où chaque enfant doit être pris en compte dans sa singularité ( adaptation des supports d’enseignements et de travail inhérent aux différents troubles de la vision ). La « souplesse » pédagogique est un réel support pour un mode de travail et un accompagnement individualisé et ouvre un espace à l’initiative.

Paradoxalement il n’y a pas de misérabilisme et il m’est arrivé « d’oublier » le handicap de certains élèves qui ne sont pas définis par leur trouble mais bien par leur personnalité.

Je relèverai néanmoins le manque d’accompagnement des équipes éducatives qui y exercent puisqu’aucune formation (interne ou externe) n’est proposée aux AED.

La particularité de la cité scolaire de Villeurbanne est qu’une majorité des élève du LP ne sont pas déficients visuels. La mixité en est un atout.

Pour preuve, un repas dans le noir – pour sensibiliser les voyants à la déficience visuelle – a été organisé par des élèves de Seconde Gestion Administrative alors que je travaillais à l’EREA. Cette initiative fût une expérience incroyable que je recommande à tous les voyants et qui est plus parlante que tous les écrits que je pourrais diffuser (voir article).

Mon regard sur le handicap et l’enseignement adapté a évolué à travers la relation éducative tissée avec les jeunes de la cité scolaire.

2) La relation avec les familles est une dimension cruciale du métier de CPE. Vous avez suivi il y a quelques années une formation de médiatrice familiale. Quelles compétences avez-vous acquises dans ce cadre et qui sont transférables à l’exercice de votre métier d’aujourd’hui ?

DÉFINITION ADOPTÉE PAR LE CONSEIL NATIONAL CONSULTATIF DE LA MÉDIATION FAMILIALE (2002)

« La médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision – le médiateur familial – favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son évolution ».

La médiation est un pilier possible de la pratique du CPE. Les difficultés de communication entre la famille et l’établissement ou au sein même de la famille, cristallisent de la plupart des conflits qui se matérialisent à l’École.

Être un « tiers » qui fait circuler la parole sans jugement permet simplement à chacun de se faire entendre et se sentir écouté.

Si penser que cela est suffisant serait utopique, c’est néanmoins le cœur de notre beau métier.

Les incompréhensions et le manque de dialogue sont à l’origine de nombre de situations d’échec ou de décrochage scolaire.

Le simple fait d’apprendre à avoir une écoute active et de savoir reformuler est une aide précieuse dans la pratique. Cela permet, dans une certaine mesure, d’éviter les malentendus entre l’institution et les familles, dont les points de vue ont parfois tendance à diverger.

Cette formation m’a également permis de connaître les limites de mon rôle de CPE dans l’intervention de la sphère familiale, et d’apprendre à relayer aux professionnels du secteur lorsque la situation l’exige.

Envisager la profession sous le prisme de la médiation est une alternative dont la plupart des CPE se saisissent sans forcément la nommer. Notre posture singulière permet ce recours au dialogue en maintenant un positionnement de relative neutralité entre les acteurs.

J’ajouterais que si la médiation est un atout considérable dans la (re)-construction de liens avec les familles, c’est également un outil de communication incontournable au sein même des équipes de l’EPLE. Elle est nécessaire entre enseignants-élèves, équipes éducatives-Direction, CPE-AED…

Enfin la médiation entre élèves (médiation par les pairs) est une méthode qui a également fait ses preuves et dont devraient s’emparer plus d’établissements (en proposant une formation dans le cadre de FIL par exemple). Sensibiliser les jeunes dès le collège à la gestion des conflits par eux-mêmes  renforce l’autonomie, l’écoute et l’entraide, sources de la citoyenneté.

3) Durant votre année de stage, vous avez conduit une recherche sur le rapport à la loi dans l’établissement scolaire et à la pédagogie de la sanction. Considérez-vous que l’image du CPE en collège est encore très proche de celle du surveillant général ou voyez-vous une évolution positive dans les représentations des divers acteurs (enseignants, élèves, parents…) ?

Vaste question !

L’idée que les CPE ont de leur métier (ainsi que  le référentiel de compétences qui cadre notre profession) est aux antipodes de l’image de « surgé ».

Quant aux équipes,  leur représentation de la fonction dépend, à mon sens, d’une part du CPE en exercice (et de la conception qu’il a lui même de son métier) et d’autre part du type de collège dans lequel il « sévit »!

Les établissements sensibles sont plus souvent porteurs de projets innovants dans lesquels s’inscrivent (où sont à l’initiative) nombre de collègues CPE. Cette réalité ainsi que la relative « jeunesse » des personnels en fonction, permettent une évolution de l’image de « gendarme » à celle de  « conseiller d’éducation ».

Nous restons l’un des garants du cadre institutionnel (qui passe par le respect des règlements) et sommes partie prenante dans la sanction. Ce qui, selon la politique et le projet d’établissement, renforce ou non la redéfinition de notre rôle.

Je reste optimiste en considérant l’évolution même de la sanction : mesure de responsabilisations, réparation, portée éducative.

Cela tend  à mettre en exergue les valeurs d’accompagnement à l’éducation prônées par les CPE.

C’est pour cette même raison qu’il faut rester en lien et s’impliquer avec les familles, si possible, lors de moments clés (journées portes ouvertes, remise des bulletins, suivi de scolarité, création d’activités en partenariat…) en dehors de la punition et la sanction.

4) À la prochaine rentrée, vous serez affectée en Guyane à votre demande. Pouvez-vous nous dire ce qui est à l’origine de votre choix et en quoi il s’agit pour vous d’un défi professionnel ?

Arriver dans un établissement est en soi une découverte. Le faire en Amérique du Sud ajoute simplement des couleurs au voyage.

La Guyane est un département méconnu (vous seriez surpris par le nombre de métropolitains qui pensent que c’est une île !). La préservation du tourisme de masse est un gage d’authenticité et de préservation des cultures présentes sur ce territoire.

J’aspire à découvrir une autre perception de mon métier. Ouvrir mon champ d’expérience et m’enrichir dans la diversité culturelle et professionnelle. La construction de son identité passe aussi par une ouverture à l’autre.

D’autre part, j’ai eu l’occasion de suivre des formations en métropole qui ne sont pas forcément accessibles dans les DOM, et j’espère, à ce titre, pouvoir apporter ma contribution dans la création et la mise en œuvre de projets.

J’ai conscience qu’il est parfois compliqué de s’expatrier et une que cela suppose une certaine humilité envers sa terre d’accueil.

Un nouvel environnement, des saveurs et des représentations différentes permettent une mise en hauteur nécessaire à ma pratique. Il est indispensable de ne pas s’ancrer dans une routine professionnelle et s’obliger à prendre du recul pour rester efficient. Un départ outre mer n’est pas l’unique ressource à disposition, bien évidemment, mais c’est un défi humain et professionnelle que j’ai hâte de relever!

 

Faire fonction de chef d’établissement quand on est CPE, témoignage


Corinne, CPE très engagée dans son collège, a endossé  ponctuellement le costume d’adjoint au chef d’établissement. Expérimentée et diplomate, elle vit cette fonction transitoire comme une chance de diversifier sa carrière et de renforcer la cohésion entre les personnels de l’établissement.

 

  • Quelles sont les raisons principales qui vous ont conduit à accepter de faire fonction de chef d’établissement à plusieurs reprises dans le collège où vous travaillez ?

J’ai été amenée à faire fonction de principale adjointe à trois reprises dans l’établissement où je travaille depuis douze ans. Je suis attirée par ce métier parce qu’il peut être une évolution positive dans la carrière d’un conseiller principal d’éducation  et ça m’intéressait par ce biais de le découvrir. Les trois fois, c’est le chef d’établissement qui a proposé cette organisation car j’ai une bonne connaissance du fonctionnement de ce collège. J’ai accepté aussi pour rendre service à l’établissement car lors d’arrêts maladie, il n’y pas de remplaçant chez les personnels de direction et c’est régulier que l’institution fasse appel au personnel déjà présent.

  • Trouvez-vous que les compétences développées dans la fonction de CPE « prédisposent » à exercer celle de personnel de direction ?

Je dirais que c’est la personne qui fait la fonction… Il me semble qu’être investie, ne pas compter ses heures, être organisée, avoir de l’autorité, savoir prendre des décisions sont des compétences qu’un CPE doit avoir et qui me semblent  importantes également pour exercer le métier d’adjoint.

 

  • On dit que la façon d’incarner la fonction de CPE n’est pas la même selon le type d’établissement dans lequel on exerce. Partagez-vous ce sentiment dans la peau d’un chef d’établissement ?

Le CPE dans un collège est forcément sur le terrain car à cette période de l’adolescence, les élèves sont toujours en action et cela nécessite d’avoir pas mal d’énergie. Les élèves ne trouvent pas forcément de sens à ce qu’ils apprennent, ils ne se projettent pas.  Au lycée, on a affaire à des adolescents qui sont en passe de devenir des adultes et ils sont déjà dans une démarche de projet d’avenir professionnel.  Donc, oui, la façon d’exercer est différente.  Pour un adjoint c’est un peu pareil. S’il est au lycée,  il aura peut-être des tâches plus catégorisées et plus administratives mais encore une fois c’est une question de personnalité. J’ai pour ma part besoin d’être au contact des jeunes.  Par contre, il est vrai que dans la peau d’un chef d’établissement, le regard des autres adultes change et la relation avec ces derniers aussi. Le management est primordial dans cette fonction.

  • Quelles différences majeures voyez-vous entre le positionnement d’un adjoint ou d’un chef d’établissement ?

L’adjoint doit être loyal envers le chef d’établissement, il est son conseiller mais ce n’est pas lui qui décide au bout du compte. L’équipe de direction se compose finalement que de deux personnes minimum mais ce sont eux qui donnent « l’ambiance d’un établissement ». Cela nécessite un vrai travail d’équipe et des valeurs communes pour une collaboration réussie.

  • Comment voyez-vous votre avenir professionnel dans les cinq ans qui viennent ?

Dans cinq, dix ans, je me vois dans un métier relationnel, CPE sûrement mais peut-être dans un lycée professionnel ou dans un lycée si des possibilités de mutation s’ouvrent. Je tenterai peut être dans une année ou deux de faire fonction dans un autre établissement mais pour l’instant je privilégie ma vie de famille car c’est mon équilibre.

Corinne Choulet

Caroline, prof doc en collège, témoignage

Peux-tu rappeler brièvement ton parcours et les caractéristiques de ton établissement ?

Je suis professeur documentaliste depuis 12 ans, je travaille au collège Henri Wallon à la Seyne sur mer depuis septembre 2005. Le collège est situé en zone d’éducation prioritaire, il est classé REP+ depuis septembre 2014, avec le collège Nucéra, pour l’académie de Nice.

Comment organises-tu ton travail auprès des élèves ?

  • Je fais de la formation info-documentaire et de l’Education aux Medias et à l’Information, formation inscrite à l’EDT des 6e, puis planifiée sur les autres niveaux fonction de la politique documentaire de l’établissement, en interdisciplinarité.
  • Je participe à l’aide personnalisée, selon les années, et fonction des projets classes, sur différents niveaux. J’interviens souvent dans ce cadre autour d’actions lecture, qu’elle soit numérique ou papier, ou autour de projets utilisant les réseaux sociaux. Cette année, mon intervention en AP est ciblée auprès des élèves de 6e.
  • Je m’investis dans tous les dispositifs impliquant une transdiscinarité (PIIODMEP, HiDA, Elèves à besoins éducatifs particuliers …)
  • Je participe à beaucoup de projets transdisciplinaires mis en place au sein de l’EPLE, et j’en impulse quelques uns (prix littéraires, défis lecture, marathon presse (piloté par le Canopé de Nice) …

Je travaille bien entendu avec les enseignants du collège, de la SEGPA, le professeur de FLS, et j’essaye de plus en plus, de répondre aussi aux besoins des enseignants de la classe Relais qui est rattachée à l’établissement, ceci pourrait d’ailleurs se concrétiser rapidement par un projet commun.

Donc les classes défilent les unes après les autres au C.D.I, de temps en temps, j’ai même deux classes qui travaillent ensemble ou deux groupes, c’est une fourmilière, où tout le monde se déplace, travaille en groupe, et ces moments-là sont très importants pour moi, et ils sont surtout facteurs d’apprentissages.

On essaye également, avec quelques collègues, de rendre cohérent le parcours culturel de l’élève.

Comme tout professeur documentaliste, en plus de ces formations et de cette implication dans les projets transdisciplinaires et culturels de l’établissement, je veille à accompagner les élèves et répondre à leurs besoins info-documentaires, lorsque je les accueille, sur des heures où ils n’ont pas cours, et pendant les récréations et la pause méridienne. Pour certains, le C.D.I est perçu comme un lieu de refuge, un espace où ils peuvent travailler, seul ou en groupe mais aussi être écoutés.

J’essaye de proposer également un certain nombre d’activités en fonction des semaines éducatives (semaine du goût, fête de la science, Journée des droits des enfants, semaine de la presse, semaine des mathématiques, semaine du développement durable …).

Lorsque je trouve un petit peu de temps, je fais de la gestion documentaire, mais il est vrai que je passe le plus clair de mon temps avec les élèves. La veille, la communication, je la fais le soir, à la maison … Si je regarde mon EDT, je dois faire en moyenne une vingtaine d’heures de séances pédagogiques par semaine (formations et projets confondus), sans compter le temps que je passe auprès des élèves pour faire de la pédagogie différenciée. Mais honnêtement, je suis là pour ça, alors, cela ne me dérange pas ! Si j’avais un peu plus de temps pour préparer mes séances, ce serait génial !

En quoi te sens-tu utile à tes élèves ?

J’ai l’impression d’être utile au quotidien en observant l’épanouissement de mes élèves, en entendant leur satisfaction personnelle à la réussite d’un travail, lorsqu’ils te redemandent de participer à un projet que tu as mené avec eux sur toute l’année, entre autre d’incitation à la lecture, (avec des élèves non lecteurs, dys) mais également en les voyant franchir la porte du C.D.I avec un grand sourire, content de te retrouver, content de savoir que tu es là pour eux, pour les aider, ou du moins les accompagner dans leurs apprentissages.

Utilité encore plus importante lorsque ce sont des élèves non francophones qui arrivent en fin d’année à te faire un livre numérique, fiers de leur résultat ils le sont, mais nous, profs, on est surtout très satisfait des progrès énormes qu’ils ont accomplis toute l’année ! Et vraiment, avec le public avec lequel je travaille, ces satisfactions, je les aie régulièrement … et j’en redemande ! Nous en redemandons, car faire seul c’est difficile, mais en équipe, on est plus fort !

D’après toi, quelles sont les « particularités » du travail de prof doc en REP+ ?

La pédagogie de projet est le leitmotiv des équipes pédagogiques en REP+ … et … le prof doc est au cœur de cette pédagogie de projet … qu’il soit moteur ou simple acteur … Donc on est sollicité à tout moment et de toute part ! En REP+, le CDI est une ruche, un « laboratoire de recherche et d’innovations », pour reprendre l’expression d’un collègue. On expérimente, on se trompe, on apprend des uns des autres, ça butine de toute part, mais c’est ce qui fait que le CDI vit, et que le prof doc veille sur tout ça pour que les élèves apprennent et deviennent les futurs citoyens de demain !

Il faut jongler entre les formations à la culture de l’information, qui occupe une place centrale aussi pour un prof doc en REP+, en mettant l’accent sur les compétences du socle, et tous les projets pédagogiques, les partenariats extérieurs …

Le REP+ permet de dégager du temps pour faciliter la concertation des équipes, notamment pour les projets qui peuvent avoir lieu, ou la réflexion autour de thématiques préalablement définies. Le prof doc est donc au cœur de ces concertations, et se doit, à mon sens, d’y participer. Cependant, elles ont souvent lieu à des moments où le C.D.I est ouvert … et si le prof doc est seul, il ne peut fermer …

Le REP+ permet de renforcer la concertation entre le primaire et le secondaire … et dans ce cadre là, je pense que le professeur documentaliste doit avoir toute sa place … cependant il faut dégager du temps pour que cette liaison soit efficace, accompagner les projets inter-cycles, ouvrir le C.D.I aux écoles du REP+ … ce qui peut se faire avec le primaire, peut également se faire avec le lycée, et là encore, le professeur documentaliste doit être au cœur de cette liaison, mais … il faut du temps … et … assurer en même temps une ouverture du C.D.I à tous les élèves …

Le REP+ met également l’accent sur la relation avec les familles. Là à nouveau, il me semble que le prof doc peut avoir un rôle à jouer, notamment d’accompagnement des parents sur l’utilisation des ressources documentaires de l’établissement, sur l’utilisation des réseaux sociaux et l’identité numérique, l’accueil aussi sur le Centre de Documentation et d’Information pour l’implication et la valorisation des parents dans les projets de classe de leurs enfants.

Avec le REP+, on demande à chaque enseignant d’être tuteur de quelques élèves. Après m’être longuement posée la question, je pense effectivement qu’avec des élèves qui ont l’habitude de venir quotidiennement au C.D.I, on peut arriver à mettre en place un tutorat efficace. Mais là toujours, c’est un temps que l’on ne passe pas avec les autres élèves …

D’après toi, qu’est-ce qui améliorerait sensiblement tes conditions de travail ?

Entre les concertations, le tutorat, l’AP, les séances pédagogiques, les projets, les semaines thématiques, je suis continuellement sollicitée.

J’ai la chance d’avoir une aide, cette année à 80%, aide qui chaque année est sur la sellette. Pour permettre une ouverture convenable du CDI, mettre en place des formations info-documentaires répondant aux objectifs fixés par la politique documentaire de l’établissement, il faut qu’il y ait du personnel qualifié, titulaire, et cela passe, me semble-t-il, par la création de postes d’aides documentalistes.

Si je pouvais être certaine de compter sur cette aide, à temps complet, formée, avec une grille de poste, des fonctions bien définies, et qui ne serait pas à reformer chaque année par le jeu des contrats, ce serait déjà un point très positif.

Pour la formation des élèves, l’idéal serait deux postes de professeurs documentalistes par établissement REP+.

Il faudrait également que nous ayons, nous professeurs documentalistes, comme les collègues de discipline, droit à un temps de concertation, donc droit à la pondération. Pour le moment, en tout cas pour ma part, je participe à toutes les actions ciblées dans le cadre du REP+ mais … sans pondération … au détriment peut-être d’une ouverture plus importante du CDI lorsque mon aide ne travaille pas … et … le besoin d’ouverture du Centre de Documentation et d’Information en REP+ se fait aussi ressentir …

Caroline Soubic

« Prof d’appui » en RAR, témoignage

Quel a été ton parcours avant de devenir prof d’appui ? 

J’ai commencé par des fonctions hors la classe : pendant mes études, j’ai aidé au secrétariat du baccalauréat, ensuite j’ai été aide éducatrice dans un collège ZEP puis assistante d’éducation en lycée.
Comme professeur, je me suis rapidement investie dans différentes missions : membre du CA, voyages scolaires, coordination d’équipe, tutorat de stagiaires.

Comment as-tu découvert la fonction ? Comment l’es-tu devenue ?

Mon collège est passé RAR (réseau ambition réussite) l’année où je suis arrivée, j’ai donc découvert la fonction à ses débuts.
Trois ans plus tard, le chef d’établissement m’a proposé de postuler pour cette mission (ce n’est pas un poste) quand l’équipe a été renouvelée.
J’ai été recrutée sur CV et lettre de motivation après un entretien avec deux pilotes du réseau (chef d’établissement et IA IPR).

En quoi consiste ta fonction ? Quels est ta fonction par rapport aux autres professeurs ?

Mes missions sont définies chaque année par une lettre de mission. Je suis chargée du suivi des élèves en difficulté sur un niveau (préfet des études), de deux partenariats, de la conception et de l’évaluation de l’accompagnement personnalisé en 5e, du recrutement et de la gestion du travail de l’équipe des assistants pédagogiques, de l’organisation de l’accompagnement éducatif.
Je suis chargée de faire vivre la maison des savoirs hébergée sur le site du collège , je participe à l’école ouverte et à la vie du réseau (préparation des réunions du comité exécutif et des stages inter degrés avec les autres professeurs d’appui).
J’ai également la charge d’une classe dont je suis professeur principal.
Par rapport aux autres professeurs, mon rôle est de proposer et de faciliter le déroulement des activités.

Changement de vision sur la fonction ? Enrichissement par rapport à une pratique classique ?

Cette mission n’a pas beaucoup changé mon regard sur la fonction de professeur cependant la vision transversale qu’offre les missions de professeur d’appui permet une prise de recul par rapport aux exigences de chacun et de relativiser ainsi les difficultés rencontrées.

La fonction de préfet est en effet enrichissante et m’a permis de mieux me former sur la conduite d’entretiens individuel ou en groupe ainsi que la nécessité d’une prise en charge global de l’élève (et de l’enfant).
J’apprécie le changement d’angle régulier : conduire une réunion ou y participer, enseigner ou conseiller sur la gestion d’un élève ou d’un groupe, organiser une activité ou devoir m’inclure dans le projet de quelqu’un d’autre.

 

Marianne Loubier Logeais

CPE et secouriste, un axe original de l’éducation à la citoyenneté

Pascale, CPE en collège, s’est donnée les moyens de se former au secourisme dans la 2ème partie de sa carrière.  Son but ? faire bénéficier de ses compétences un maximum d’élèves et d’adultes de son établissement.  Un axe original  de l’éducation à la citoyenneté !

1) Qu’est ce qui est à l’origine de ton désir de développer des compétences en tant que formatrice dans le domaine du secourisme ?

Il y a maintenant 6 ans , je me suis lancée dans cette aventure. Suite à un article sur le nombre de décès dus à des accidents domestiques, l’idée m’est venue de suivre cette formation . En effet, aujourd’hui, en France, des dizaines de milliers de personnes sont victimes d’accident de la vie quotidienne, de la route, d’incendies ou de risques majeurs. Mon intérêt personnel pour cette formation s’est ensuite transformé en intérêt professionnel  car au sein de mon établissement , 2ème collège de notre académie aucun adulte ne possédait ce monitorat et trop peu le PSC1 (Prévention et Secours Civiques de niveau 1).

Si chaque individu savait alerter le service de secours adapté et effectuer les premiers gestes indispensables, le nombre de personnes décédées serait considérablement réduit .

Je tiens à ajouter que nous sommes trop peu d’adultes formés. Cette lourde formation de minimum de 50 heures a dissuadé plusieurs candidats.

2) Quels sont les liens que tu vois entre cet engagement et le métier de CPE ?

Notre métier est un engagement quotidien ,un métier de partage. Notre mission éducative est d’accompagner tous ces jeunes tout au long de leur scolarité .Les relations et contacts collectifs avec des élèves les dirigeront vers la responsabilisation. Apprendre à porter secours, à protéger autrui les conduiront à respecter au quotidien les consignes de sécurité. Participer à la transmission d’un nouveau savoir et savoir-être est un challenge passionnant. Leur apprendre les techniques de secours et les conduites à tenir, avoir un autre contact avec les élèves est un défi à relever et je l’ai fait.

Cette formation se construit à partir de situations d’apprentissage qui s’ancrent dans les programmes, s’exercent dans la vie scolaire et prennent pleinement sens dans la vie quotidienne des élèves. C’est ainsi, que toutes les personnes intervenantes pourront contribuer efficacement à ce que les élèves adoptent progressivement des comportements de citoyens responsables.

N’est-ce pas le métier de CPE ? Aller plus loin, rechercher l’inconnu…

Très peu de CPE dans l’académie sont formés. Combien ont le PSC1 ? Il serait intéressant de connaître le nombre au niveau national.

3) En quoi cette mission s’inscrit-elle dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté ? du socle commun ?

Dans le cadre du CESC, les textes officiels prônent une sensibilisation à la prévention des risques, marquent l’importance accordée à l’acquisition par les élèves, de savoirs et de comportements nécessaires pour prévenir une situation de danger, se protéger et porter secours.

En ce qui concerne les compétences du socle, l’Éducation à la responsabilité doit permettre aux élèves, futurs citoyens ou citoyens, de développer des analyses lucides, des attitudes prudentes et des démarches solidaires . 

4) Quels sont les compétences visées dans l’exercice de cette activité ?

  • Assurer la sécurité, avoir une connaissance des risques majeurs, des mesures de prévention, de protection.

  • Transmettre les informations aux services de secours adaptés

  • Savoir pratiquer les gestes de premiers secours

  • Développer les compétences civiques et solidaires, avoir le sens de la responsabilité individuelle et collective à partir de situations concrètes et intelligibles.

Les contenus disciplinaires offrent un point d’ancrage pour conduire une éducation à la santé et à la citoyenneté.

– Avoir une connaissance de son bassin d’habitation

5) Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans la mise en œuvre ?

  • 7 heures pour 10 élèves seule, c’est très difficile à tenir surtout avec un seul jeu de mannequins

  • Matériel : bien travailler avec les services intendance, c’est indispensable pour avoir le bon matériel qui est onéreux. Certains établissements mutualisent mais c’est très compliqué pour la réservation et l’entretien.

  • Les partenaires extérieurs à l’Éducation Nationale (SDIS, Sécurité Civile, Croix Rouge…) sont des organismes à prestations facturées, impossible pour beaucoup d’établissements de petite taille.

  • L’Éducation Nationale forme chaque année de nombreux moniteurs mais en ce qui me concerne, je suis toujours seule et c’est parfois compliqué de gérer la formation que j’aime avec mon emploi du temps de CPE que j’aime également.

6) Quelles différences majeures vois-tu entre une formation adressée aux élèves et une adressée aux adultes ?

Pour l’instant, je n’ai pas formé d’adultes. Ceci est prévu pour 2015.

Les adultes se rapprocheront certainement plus de leur vécu et leur intérêt sera différent.

Parfois, les élèves ont du mal à effectuer les cas concrets (ce qui permet la validation de la formation)

Cela sera plus simple avec les adultes qui imagineront le scénario plus sérieusement.

Cette formation doit se faire sur la base du volontariat.

7) Y a-t-il des nouveautés envisagées en 2015 ? De nouveaux partenaires sont-ils amenés à se mobiliser autour de cet objectif ?

Chaque année , une journée de recyclage est obligatoire pour garder le monitorat et c’est à cette occasion que nous évoquons les nouveautés.

Le contenu et l’aspect pédagogique ont été modifiés en 2012 . La durée est toujours de 7 heures par groupe de 10 élèves pour un moniteur.

Pascale DROUHIN

Crédit photo : Service photo, photothèque

CAPES d’anglais ou doctorat aux USA ? Le choix de Caroline

Tu as dû choisir entre valider ton capes d’anglais ou faire un doctorat aux Etats-Unis. Quel a été ton choix et pourquoi ?

 

En 1999, alors que je revenais d’une année d’échange aux États-Unis à l’université d’Indiana – Bloomington, je décidais de compléter mon mémoire de maîtrise, presque fini. En attendant une nouvelle année scolaire, pour entamer un DESS ou DEA à l’époque, je décidais de passer le CAPES d’anglais qui était alors la seule option pour quelqu’un comme moi. Je me suis donc inscrite au concours et j’ai suivi quelques cours de préparation dans mon Alma Mater (Université Charles de Gaulle, aka Lille 3).

Pendant la préparation, rigoureuse certes mais peu excitante, j’avais repris contact avec l’université américaine qui m’avait accueillie. Ils m’ont encouragée à poser ma candidature pour y faire un doctorat, ce que j’ai fait. Au final, j’ai été acceptée dans leur programme de doctorat avec une bourse d’études qui prenait tout en charge et un boulot pendant mes études qui devaient durer 5 ans (Master + Doctorat).

J’ai passé le concours, je l’ai réussi. Je ne me souviens plus du classement exact (d’ailleurs est-ce que ça compte ?), mais je m’en suis bien sortie. À l’annonce des résultats, je me suis renseignée pour savoir si je pouvais décaler l’année de stage. Oui, on pouvait différer si on souhaitait continuer ou terminer des études. Après la première année de Master, j’ai demandé à différer à nouveau puisque les études que j’avais entamées n’étaient pas finies mais cette requête a été rejetée. Soit je rentrais immédiatement pour être affectée dans un collège ou lycée du Nord, probablement dans une zone bien difficile ou je continuais mon doctorat, tout frais payés, dans une université ultramoderne. Comment dire ? Je n’ai pas réfléchi longtemps. La question qui s’est posée et qui m’a troublée le plus, c’est qu’une université étrangère dans un pays étranger investissait plus dans mon avenir que le mien qui me sommait de faire quelque chose pour lequel j’étais déjà qualifiée. Et la France n’acceptait pas que je finisse des études très poussées qui ne feraient de moi qu’une enseignante bien plus qualifiée et passionnée. Par ailleurs, les débouchés et les perspectives de carrière que m’offrait la France n’égalaient en rien celles qui se présentaient devant moi ailleurs. Finalement, puisque j’étais une femme jeune, issue de la classe ouvrière, avec un physique minoritaire, à l’époque où le paysage politique, audiovisuel et télévisuel français était encore moins diversifié qu’il ne l’est aujourd’hui, j’ai été sensible au fait d’être recrutée pour qui j’étais aussi. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes en matière de diversité raciale, socio-économique, etc. aux Etats-Unis, mais en tout cas, mon métissage et mes origines sociales devenaient des éléments qui agrémentaient mon parcours universitaire. Malheureusement le système d’éducation primaire, secondaire et supérieur en France ne fonctionne pas sur les mêmes principes, et de nombreux cerveaux brillants s’expatrient toujours aujourd’hui.

 

Tu as enseigné l’anglais dans des classes de primaire, donc tu connais le système d’apprentissage des langues en France. Aujourd’hui tu enseignes le français à l’Université aux Etats-Unis. Peux-tu comparer les conditions d’enseignement ?

 

Il n’y a aucune comparaison possible. J’ai effectivement été intervenante d’anglais dans les écoles primaires quand je préparais le capes. Je me souviens avoir fait une après-midi de formation avec un enseignant de primaire responsable de l’enseignement de l’anglais, mais qui ne le parlait pas, ou très mal. Je travaillais dans 3 écoles et l’équipe enseignante était très enthousiaste pour les cours, et les enfants aussi. Mais je n’avais aucune ressource, aucun matériel pour encadrer l’enseignement de l’anglais aux petits. Il me semble que cet enseignement n’était pas considéré comme un enseignement mais plutôt comme une activité ludique. Bien sûr l’enseignement des langues aux enfants et aux plus grands doit être ludique, mais on doit conserver le concept d’enseignement. C’est à dire se donner les moyens d’enseigner et donner aux enfants les moyens d’apprendre.

Pour ce qui est de mon expérience aux États-Unis, elle ne concerne que l’enseignement supérieur alors je ne pourrais pas me prononcer sur le primaire et le secondaire. Répétons une chose d’emblée, les études sont payantes et elles sont chères, mais il existe un système d’aide financière et de bourses très généreux et efficace. Le système n’est pas non plus comparable au système français. Mais parlons de l’enseignement proprement dit : ma formation a été faite de manière presque personnalisée et pendant qu’on me formait en pratique, on continuait à me former en théorie avec des cours universitaires à un très haut niveau (donc fascinants) en linguistique, acquisition de la seconde langue, et didactique. Aujourd’hui, quand j’enseigne, il s’agit pour moi de former des esprits à comprendre une langue étrangère, certes, mais aussi des cultures étrangères et à pouvoir interagir avec les gens issus de ces cultures aux États-Unis ou dans les pays francophones. On me donne pour cela les moyens technologiques de former des étudiants du 21ème siècle, c’est-à-dire une génération qui se passionne pour les choses qui vont vite et qui les distraient. Ils s’intéressent à tout et ont une grande envie d’apprendre et d’apprendre bien, mais pour cela, il faut aussi s’adapter au public que l’on a. Les manuels traditionnels ne fonctionnent plus et il faut utiliser plusieurs méthodes d’enseignement en même temps car les manières d’apprendre varient beaucoup également. L’université dans laquelle je travaille a les moyens de nous procurer un contexte d’apprentissage où les conditions d’enseignement sont optimales. Mais pour les autres, elles font preuve de créativité et d’une capacité d’adaptation que l’on devrait observer de plus près. Peut–être que notre approche globale est plus pragmatique, mais n’apprend-on pas mieux quand on sait pourquoi on apprend quelque chose ? Un petit exemple : tout cours commence avec la distribution du programme du cours. Ce programme explique non seulement les objectifs du cours mais aussi les méthodes choisis pour remplir ses objectifs, les attentes du professeurs vis-à-vis des étudiants et le calendrier des devoirs, évaluations, etc.

Caroline Beschea-Fache, Docteur en ès-Lettres
Davidson College
Associate Professor of French and Francophone Studies, and Africana Studies
Nouvelles Etudes Francophones, Directrice des Recensions

Développer mes compétences professionnelles

Résultats de l’enquête « 800 000 enseignants et moi, et moi, et moi… »

Des enseignants avides de formations… utiles !

comp_legende Les enseignants ont soif de formation. Ils sont 91% à souhaiter bénéficier de formations régulières.

  • Je souhaite bénéficier de formations régulières

comp_2i1

 

 

Autre message sans équivoque : les enseignants estiment massivement que le travail en équipe est important.

  • Le travail en équipe est important

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Et loin des idées reçues sur une profession qui serait rétive au changement, la quasi-totalité des personnels enseignants et d’éducation est constamment à la recherche de nouvelles façons de travailler. Continue reading

Interview de François Muller

Vous dites que «Des élèves qui réussissent, ce sont des enseignants qui apprennent».  La formation continue existe, mais elle ne satisfait pas. On voit depuis peu émerger un nouveau concept, celui de développement professionnel continu. De quoi s’agit-il ?

François Muller : Le développement professionnel de l’enseignant rend compte de la manière dont il améliore son professionnalisme au travers d’expériences l’amenant à étudier systématiquement son enseignement : ateliers, rencontres professionnelles, activités de mentorat mais aussi lecture de travaux de recherche ou d’informations sur les évolutions de sa discipline.

Pendant longtemps, les enseignants recevaient une formation dans le cadre de conférences suivies d’ateliers souvent peu liées aux activités d’enseignement et d’apprentissage dans l’établissement scolaire ou dans la classe.

Ce n’est que depuis quelques années que le développement professionnel des enseignants est considéré par les experts et les décideurs politiques comme un processus de long terme offrant des occasions régulières de contacts et d’apprentissage avec les collègues mais s’inscrivant également dans une programmation systématique des activités de formation, articulées à des expériences concrètes, partant davantage des besoins et des problèmes rencontrés par les enseignants dans leur quotidien.

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Une responsabilité partagée par tous

Dans le référentiel de compétences professionnelles des enseignants et personnels d’éducation figure la compétence

«s’engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel».

Les personnels sont demandeurs, mais le référentiel n’engage pas que les enseignants, il engage également l’institution qui doit mettre en place les conditions indispensables au développement professionnel.

C’est sur la création de ces conditions que le SE-Unsa veut peser avec vous. Continue reading