A quoi peuvent servir les évaluations standardisées ?

Les évaluations standardisées des élèves*

Les évaluations standardisées existent depuis plusieurs décennies. Leurs objectifs diffèrent et l’on peut se rendre compte qu’il y a eu beaucoup d’essais et d’erreurs depuis leur mise en place. La DEPP qui en a la charge en France, après avoir critiqué la période 2009-2012, réfléchit à de nouvelles procédures qui devraient optimiser l’analyse des résultats.

Ces évaluations ont pour but de rendre compte du système éducatif et de le piloter. Elles peuvent être de masse ou sur échantillon et leur finalité n’est pas forcément la même. Diagnostiques ou de bilan, « Elles diffèrent dans leurs objectifs, dans les modalités de mise en œuvre, dans l’exploitation et l’utilisation des résultats« .

Lorsqu’elles sont diagnostiques, elles sont un outil pédagogique pour les enseignants qui permet de mettre en œuvre un travail personnalisé directement avec les élèves concernés et une formation continue localement à destination des équipes enseignantes. Ces évaluations ne sont pas construites dans le but de produire des comparaisons dans le temps.

Lorsqu’elle sont faites sous la forme d’un bilan, elles permettent le pilotage de l’ensemble du système éducatif, les résultats peuvent être comparés dans le temps sous certaines conditions.

Ces types d’évaluation ont connu des évolutions depuis le début de leur mise en oeuvre :

– de fin 70 à fin 80 : il s’agissait d’évaluations bilans sur l’ensemble des niveaux du primaire au lycée.

– à partir de 1989 : il s’agissait d’évaluations diagnostiques de masse suite à la loi Jospin pour cibler certaines difficultés et mettre en place une remédiation « efficace » dès le début du CE2 et de la sixième…

– depuis le début du XXI ème siècle, plusieurs types d’évaluations ont vu le jour dont les enquêtes internationales de type PISA et les évaluations « bilan-diagnostiques » mises en place en CE1 et en CM2.

 

Les évaluations de 2007 en début de CE1 et de CM2, avec plusieurs filtres, permettaient de cibler finement les difficultés des élèves les plus fragiles. La mission de ces dernières a été détournée suite à une demande de remontée nationale faite par le cabinet ministériel alors qu’elle n’était pas prévue.

En ce qui concerne les évaluations CE1 et CM2 depuis 2009 : il y a eu une grande confusion au niveau de l’institution sur leur utilisation, un mélange entre évaluation des enseignants et évaluation des élèves. Ce mécanisme a été dénoncé par la DEPP. Les remontées et l’exploitation qui en ont été faites n’étant pas scientifiquement incontestables, ces évaluations ont été petit à petit abandonnées.

En ce qui concerne les évaluations standardisées internationales, la question de la mesure de l’évolution du niveau des élèves dans le temps est centrale. Mais elles ont trois objectifs différents :

– fournir aux enseignants des outils afin d’enrichir leurs pratiques pédagogiques en évaluant mieux les acquis de leurs élèves ;

– disposer d’indicateurs permettant de mesurer, au niveau national, les performances de notre système (évolutions temporelles et comparaisons internationales) ;

– doter les « pilotes de proximité » (recteurs, DASEN, IEN) d’indicateurs leur permettant de mieux connaître les résultats des écoles et d’effectuer une vraie régulation.

 

La DEPP prévoit un passage à des évaluations informatisées mais elle doit surmonter les difficultés inhérentes aux parcs informatiques existants et proposer des procédures de passation innovantes.

*Cet article est un bilan d’une publication faite par Bruno Trosseille et Thierry Rocher pour le bureau de l’évaluation des élèves à la DEPP.

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