Le parcours de Débora, stagiaire PsyEN

Après un BAC ES obtenu avec la mention AB, vous vous dirigez vers une préparation aux concours sanitaires et sociaux. Vous souvenez-vous des raisons qui, à l’époque, vous ont poussées vers cette voie ? Quelles sont les personnes-ressources de l’établissement sur lesquelles vous vous êtes appuyée pour affiner votre orientation ?

À l’époque, plusieurs raisons m’ont motivée à réaliser une préparation aux concours sanitaires et sociaux. La première était que j’avais de bons résultats scolaires en SVT. La deuxième était liée au fait que j’ai toujours voulu exercer un métier où il est à la fois possible d’aider l’humain dans son entier et où la dimension relationnelle est importante. Bien que ma volonté première fût d’effectuer une licence de psychologie, j’ai malgré tout choisi de réaliser cette préparation pour me préparer aux concours d’infirmier et d’aide-soignant. Je me suis dirigée vers cette formation car il me semble, encore aujourd’hui, que l’idée même « d’aide » soit souvent rattachée aux métiers du soin. Par ailleurs, mes enseignants m’avaient déconseillé de suivre un cursus supérieur en psychologie en raison du peu de débouché offert à l’issue de cette voie.

Votre année d’étude à l’IFSI débouche sur l’octroi du diplôme d’état d’aide-soignante obtenu haut la main. Vous effectuez plusieurs stages et une mission d’intérim en milieu hospitalier. Comment avez-vous vécu ces tranches de vie professionnelle ? Quelles sont les missions d’aide-soignante qui répondaient le plus à votre attente ? À l’inverse, quelles sont celles desquelles vous vous sentiez plus éloignée ?

Je garde encore un excellent souvenir de ces tranches de vie professionnelle. Mes expériences en tant qu’élève aide-soignante / titulaire et plus particulièrement mon année de formation d’AS furent pour moi très formatrices et extrêmement riches tant d’un point de vue professionnel que personnel.

En exerçant le métier d’aide-soignant j’ai tout d’abord découvert le travail en équipe pluridisciplinaire et je me suis rapidement aperçue que ce qui me plaisait davantage était le soutien psychologique plutôt que les soins techniques. Mon projet de reprendre mes études en psychologie s’est alors progressivement affiné lorsque j’ai commencé à découvrir et rencontrer les différents professionnels exerçant à l’hôpital (médecins, psychologues, diététiciens, infirmiers, kinésithérapeutes, agents de service hospitalier…) ainsi que lors des diverses rencontres avec les patients. J’ai pris conscience, à ce moment-là, que l’oreille attentive d’un soignant pouvait permettre un véritable soulagement pour le patient : j’ai mesuré que cet apaisement se révélait tout aussi important que les soins que je prodiguais.

Les missions d’aide-soignante répondant davantage à mes attentes tournaient autour de la prise en charge des difficultés du patient. Il s’agissait pour moi de les aider à extérioriser leurs souffrances en lien notamment avec leur maladie, la perte d’autonomie, la crainte ou l’envie de mourir. Ce fût le cas par exemple lors de missions réalisées en SESSIAD, ou encore en EHPAD, ou bien à l’hôpital.

En revanche, les missions qui me déplaisaient le plus, étaient généralement celles où il était difficile de prendre le temps avec le patient ou le résident.

Actuellement en Master de psychologie clinique à l’université de Franche-Comté, vous préparez un mémoire de recherche. Sur quel thème porte-t-il ? Comment définiriez-vous votre problématique de travail et votre méthode d’investigation ?

Dans mon travail de recherche, j’étudie le thème de l’attachement au grand âge dans un contexte d’institutionnalisation.

L’objectif de mon travail de mémoire est d’observer et de tenter de comprendre le vécu du sujet vieillissant et vivant au sein de l’institution de l’EHPAD au regard de son style d’attachement.

L’utilisation d’outils spécifiques pour évaluer le style d’attachement (par exemple sécure, insécure) ainsi que le degré d’anxiété et de dépression parviennent à démontrer que la manière dont un enfant est bordé, nourrit, élevé et accompagné par ses premières figures d’attachements (généralement les parents) aura une influence tout au long de sa vie. Je précise que toutes les données cliniques ont été recueillies durant mon année de stage en EHPAD.

Depuis plusieurs mois, vous suivez des formations complémentaires dans des thèmes liés étroitement à la psychologie. Quels sont les 3 formations qui vous ont semblé les plus pertinentes ? Pourquoi ?

Je dirais que toutes les formations complémentaires auxquelles j’ai participé étaient intéressantes. Parmi celles suivies récemment et qui me paraissent les plus pertinentes, il y a tout d’abord un stage de sensibilisation à l’écoute suivi à Dijon en 2017 dont l’organisation était assurée par l’association CLER AMOUR ET FAMILLE.
La seconde formation en 2018 reposait sur un colloque sur le lien entre violences et projection organisé à Paris par la Société du rorschach.
La troisième serait la formation JALMALV (Jusqu’à la mort accompagner la vie) que j’ai réalisée au cours de cette année à Besançon.

J’ai trouvé ces trois formations particulièrement appropriées puisqu’elles m’ont permis d’approfondir des connaissances théoriques enseignées à l’université (par exemple la notion d’empathie, l’outil projectif du Rorschach, ou les différentes attitudes d’écoute) et de les actualiser. J’ai particulièrement apprécié de réfléchir sur ma pratique clinique en articulant à la fois pratique et théorie.

Participante au stage syndical du SE-Unsa à Besançon, vous avez assisté à un exposé sur la problématique du secret professionnel. Pouvez-vous nous faire partager le message essentiel de cette présentation ?

Lors de cette présentation très intéressante de Jacques Borgy, le message essentiel à retenir était qu’il est urgent qu’une réglementation de la déontologie de la profession des psychologues soit légalisée. En effet, le code est une référence éthique importante de la profession du psychologue permettant de reconnaître son identité professionnelle, tout en statuant une place à la personne prise en charge. L’ensemble de cet exposé a ainsi permis de retracer l’historique des textes légaux en France et montre combien la profession du psychologue est des psychologues de l’éducation nationale sont des professions complexes. Le professionnel doit être sans cesse en co-construction avec le patient afin de ne pas révéler des informations personnelles le concernant si celles-ci ne présentent pas de caractères dangereux pour la personne elle-même et autrui.

Depuis le mois de septembre, vous effectuez un stage d’observation dans une école de Besançon. Quels sont les points forts qui vous ont marquée ? Ce stage confirme-t-il votre désir de devenir PsyEN ?

Les points forts de ce stage sont nombreux. Lors de ce stage, j’ai eu la possibilité de découvrir un public avec lequel je n’avais encore jamais travaillé et qui me plait beaucoup. J’ai aussi eu la chance de découvrir une nouvelle pratique clinique ainsi que de nouveaux outils adaptés au public du jeune enfant. Au-delà de l’observation, j’ai mis en œuvre ponctuellement ces procédés sous différentes formes (entretien parents/enfants, passation de bilans psychométriques, jeux d’enfant, outils projectifs tels que le D10, le jeu du Squiggle…). J’y ai découvert que les différentes missions du psychologue de l’Éducation nationale y sont très diversifiées et importantes. Je pense sincèrement que ce professionnel, peut dans certains cas, jouer un rôle déterminant dans la scolarité de l’enfant et son épanouissement. Pour parvenir à cet objectif, il agit dans la prévention et le repérage des difficultés de l’enfant dans un travail pluridisciplinaire avec les enseignants, les différentes associations ou les centres de prises en soin.

Ce stage m’a véritablement permis d’ouvrir mes horizons et c’est grâce à celui-ci que l’envie de passer le concours d’entrée en formation de psychologue de l’Éducation nationale m’est apparue.

Votre parcours de vie est construit aussi par l’engagement dans plusieurs associations de solidarité. Lesquelles ? Diriez-vous que vous développez dans ces actions bénévoles des qualités utiles à votre futur fonction de psychologue ?

Ma première expérience bénévole a débuté en 2014 auprès des restos du Cœur en Haute-Saône. Je récoltais des denrées alimentaires afin de les distribuer aux plus démunis. Par la suite, j’ai multiplié les actions bénévoles. J’ai participé notamment à des journées de sensibilisations et de prévention du SIDA auprès d’étudiants scolarisés en lycée ; puis, à des journées organisées par le Téléthon afin de recueillir des fonds pour la recherche sur des maladies génétiques et/ou rares en préparant des gâteaux et vendant des collations ou objets. Depuis 2017 jusqu’à aujourd’hui je suis bénévole dans une association nommée « ACAD » (qui signifie Accompagnement Cancer Aide Dole) visant à apporter une écoute aux personnes se soignant contre le cancer ainsi qu’à leur entourage proche.

Effectivement, il est possible de rapprocher ces différentes expériences bénévoles à la pratique du psychologue. Je pense en effet que mes actions bénévoles m’ont permis de développer des qualités utiles à ma future fonction de psychologue telles que ma sensibilité à la souffrance d’autrui, mon écoute et mon empathie. Au travers de ces différentes actions bénévoles, j’ai pu développer une maturité dans la relation que j’ai aussi eu envie de développer dans mon parcours actuel. Je considère véritablement que mes expériences de bénévolat ont été véritablement riches et nourrissantes pour moi-même et mon parcours professionnel.

Débora Maillot, stagiaire PsyEN de l’académie de Besançon

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