Une année scolaire rochefortaise au rythme des sports enchainés !

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De septembre 2015 à septembre 2016, la communauté éducative met le sport à l’honneur. Parallèlement aux grandes manifestations qui jalonneront la période (Euro de basket, Coupe du monde de Rugby, Euro de football, Jeux olympiques), le ministère de l’Éducation nationale, les fédérations de sport scolaire et les grandes fédérations sportives, se mobilisent pour promouvoir la pratique sportive chez les jeunes, faciliter l’accès à la pratique sportive au plus grand nombre et mobiliser les éducateurs autour des valeurs sportives.

Dans le sillage des valeurs éthiques symbolisées par le voyage de l’Hermione, un projet labellisé année du sport à l’école et intitulés « Des sports enchainés au triathlon , échanges partenarials , et mixité scolaire » aura pour vocation d’insuffler une nouvelle dynamique sportive scolaire à Rochefort-sur-mer (Charente-Maritime).

Pourquoi un projet sportif scolaire articulé autour du triathlon ?

Le triathlon est un sport paradoxal : extrêmement jeune dans sa forme codifiée actuelle, (naissance de la fédération française en 1989), il repose sur au moins une pratique ancestrale : la course à pied. La Charente-Maritime n’est pas étrangère à son histoire.

Pratique populaire et de loisir au départ, la littérature journalistique française mentionne, en 1902, une compétition surnommée « les Trois Sports » enchaînant dans la continuité la course à pied, la bicyclette et le canotage, avec pour décor les renommées guinguettes de Nogent-sur-Marne et Joinville-le-Pont.

En 1934, une course dite « des Trois Sports » a lieu à la Rochelle. Il s’agit de traverser le chenal à la nage soit environ 200 mètres, de parcourir 10 kilomètres à bicyclette, du port de la Rochelle au parc de Laleu, et enfin de parcourir trois tours de piste, soit 1.200 mètres au stade André Barbeau.

Pendant, près de quarante ans, les sports enchainés retombent dans l’oubli… et c’est de l’autre côté de l’atlantique, aux États-Unis, qu’ils réapparaissent, dans les années 70 à 80. Ils se codifient alors dans leur organisation actuelle (enchainement nage, vélo, course à pied, sur des distances variables mais précises, sous l’appellation de « triathlon ».

Un des premiers triathlons est organisé dans les années 80 à Rochefort avant même la naissance de la fédération française de triathlon.

Un sport médiatiqement neutre ….

Sport jeune, peu médiatisé, le triathlon est basé sur un enchainement de pratiques sportives éminemment populaires : la nage, la course à pied, le vélo. Néanmoins, cette faible médiatisation présente quelques intérêts pour notre jeune public scolaire :

Nos élèves abordent la pratique des trois disciplines sans à priori affectif, ou émotionnel quant au respect des règles, ou à la réalisation d’une performance. (Ce qui n’est malheureusement plus le cas pour d’autres sports extrêmement médiatisés (ex : Le football véhicule malgré lui, un ensemble de comportements vis à vis du respect des règles plutôt tendancieux, et également une charge émotionnelle importante par rapport à la victoire ou à la défaite).

Des apprentissages techniques basiques… pour éviter des blessures ! Mens sane in corpore sano !

L’ancrage de la course à pied dans l’histoire de l’humanité s’avère être un paramètre intéressant à aborder en classe. Il apporte un éclairage scientifique, et une finalité à l’apprentissage purement sportif.

Les hommes ont des capacités naturelles de course en endurance, certes méconnues par beaucoup, mais très au-dessus des animaux (mis à part le cheval). Certains paléontologues prétendent même que l’homme se serait plutôt redressé pour courir, que pour marcher… (les hommes préhistoriques, vivant dans la savane africaine, avaient des techniques de chasse à l’ antilope basées sur l’endurance : ils étaient capables de courir moins vite, mais bien plus longtemps qu’elles… sans être épuisés).

Encore aujourd’hui, certains peuples mexicains vivant sur les hauts plateaux (les Tarahumaras) sont capables de couvrir des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, sans fatigue, pour aller commercer avec un village voisin, et ce, grâce à un apprentissage technique de la course à pied très précoce.

Si nous sommes nés pour courir, cependant, beaucoup d’entre nous, en ont perdu l’habitude, ou du moins la technique: l’expansion de la pratique du jogging occasionel et en corolaire, le nombre croissant de blessures affectant ces pratiquants néophytes sont là pour nous le rappeler.

Un sport de pleine nature respectueux de l’environnement… avec une réglementation explicite !

Le triathlon présente également l’avantage d’insérer sa pratique dans des milieux naturels locaux, et donc insiste naturellement sur l’aspect sécuritaire, et prône un respect très stricte des lieux fréquentés.

Sa réglementation, qui laisse peu de place à l’interprétation, favorise également un arbitrage autonome de la part des élèves.

Du développement d’un réseau partenarial à la mixité des pratiques sportives ….

Développer le savoir nager, savoir courir, savoir rouler, nécessite bien évidemment des connaissances techniques, un matériel et des espaces qui sont parfois difficilement mobilisables au sein d’une école.

S’appuyer sur des compétences locales extérieures à l’école, et en faire comprendre les raisons aux élèves, engendre naturellement l’apprentissage de compétences coopératives nécessaires à tout collectif.

La valorisation de ces compétences dans le contexte sportif local donnera du sens, et de l’interêt aux apprentissages dans le domaine de l’éducation physique à l’école.

Développer le réseau partenarial, c’est aussi promouvoir la « tour de Babel » sportive. Quelque soit mon lieu d’habitation, quelque soit mon origine, le sport scolaire, fédéral, ou municipal m’offrira alors la pluralité des pratiques. Cette mixité sportive sera alors certainement le terreau d’une mixité tout court.

Le triathlon permet également une pratique très paritaire, puisque les compétitions sont ouvertes aux filles et aux garçons.

Quel contenu dans le projet ?

Le projet repose donc sur cinq axes forts:

  • Permettre un apprentissage sécuritaire, technique des disciplines sportives basiques que sont : la course à pied, la nage, le cyclisme.

  • Développer la mixité dans la pratique sportive au sein de la ville de Rochefort, et du pays rochefortais

  • Développer un réseau partenarial local (Club de triathlon rochefortais, Fédération Française de triathlon, service jeunesse de la ville de Rochefort, service des sports, Éducation Nationale, ESPÉ La Rochelle) afin d’optimiser les apprentissages.

  • Associer le plus possible les élèves à l’organisation des différentes manifestations afin de développer des pratiques citoyennes

  • Valoriser les atouts du pays Rochefortais en termes de situation géographique, d’appuis culturels et historiques.

Le club de Rochefort Triathlon, en partenariat avec le service des sports de Rochefort, le service jeunesse, et l’Éducation nationale propose ainsi des stages gratuits de découverte du triathlon aux enfants du pays rochefortais. Ils ont également pour vocation de faciliter l’accès des enfants issus des quartiers ciblés par la politique de la ville, à la pratique « technicoludique » enchainée de la course à pied, du vélo, et de la nage. Ces stages se déroulent le samedi après-midi, ou pendant les vacances, et ont pour but d’amener les enfants à une pratique en milieu naturel.

Le club de Rochefort triathlon, avec le même réseau partenarial, propose également plusieurs épreuves dans le cadre d’un week-end (le 16 et 17 septembre 2016) dédié aux sports enchainés.

La circonscription de Rochefort en partenariat avec le service jeunesse de la mairie, et le club de Rochefort triathlon propose la mise en place d’un module d’apprentissage du triathlon dans des classes de CM2 volontaires, avec toujours le même souci de mixité au niveau du public scolaire ciblé. Ces séances auparavant contruites au sein d’un groupe de travail partenarial (Éducation nationale, ESPÉ, fédération, service des sport municipal) se dérouleront en co-intervention, avec une aide logistique et technique du service des sports rochefortais. Elles permettront également de finaliser l’apprentissage des compétences relatives à l’APER et au savoir nager en fin de cyle 3.

Ce module permettra à chaque élève de cibler de manière la plus fine possible, le temps qu’il mettra pour effectuer 50 mètres de natation, 2 km 100 à vélo, et 1 km en course à pied, transitions comprises. Chaque élève sera donc évalué sur une performance, mais également sur la gestion de son effort, afin de respecter le contrat annoncé.

Au final, cette unité d’apprentissage débouchera sur un triathlon scolaire par équipe organisé au mois de juin par le réseau partenrial dans l’enceinte de la piscine municipale de Rochefort.

Un challenge par équipe sera également proposé aux élèves du pays Rochefortais, au mois de septembre, dans les jardins de la Corderie Royale, en partenariat avec l’association « Hermione »

L’épreuve scolaire sera organisée sous forme d’un rallye contractualisé, mais non chronométré.

Tout au long du projet, un partenariat avec le journal Sud Ouest permettra à un groupe d’élèves volontaires de CM2 de l’école Libération d’assurer la couverture médiatique du projet, avec pour fil rouge cette devise :

« un esprit sain dans un corps sain »

Jean-Christophe BOUHIER
IPEMF école Libération ROCHEFORT

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