Frédéric, professeur et formateur (ultra)connecté, témoigne…

Frédéric Davignon est professeur et formateur dans l’académie de Montpellier en collège et en lycée depuis 1996, il intervient en formation initiale et continue. Passionné de numérique et très actif sur les réseaux sociaux (@freddav), il anime des stages sur la pédagogie et l’intégration du numérique en classe. Il est aussi membre actif de l’association “Inversons la classe” et contribue à une meilleure connaissance de la classe inversée.

Frédéric, peux-tu nous raconter comment et pourquoi tu as été amené à être actif en ligne et ce que cela t’a apporté ?

En 2011, je représentais mon établissement aux Journées de l’Innovation à Paris qui se tenaient à l’Unesco. À côté du stand de mon établissement se tenait celui de deux collègues qui présentaient leur projet avec Twitter en primaire. J’ai été intrigué, nous avons échangé, je me suis dit que le travail de ces collègues du 1er degré me donnait matière à réflexion pour un travail avec les collégiens.
J’ai ouvert un compte Twitter lors de ces journées, dans mon souvenir, tu as été une des premières à t’abonner à mon compte, et avec toi ont suivi plein d’autres collègues… D’emblée, j’ai été séduit par la richesse des échanges, le côté inter degré et inter disciplinaire. J’avais trouvé ce que je cherchais depuis longtemps : le moyen de me confronter à des nouvelles idées, de nouvelles façons de voir les choses et progressivement j’ai moi-même osé partager mon travail. Le côté collaboratif m’a immédiatement plu.

Maintenant que tu as des fonctions de formateur, que conseilles-tu aux enseignants débutants ou non concernant leurs activités numériques ?

De ne pas avoir peur de se lancer !
Pour un travail en classe, je pense qu’il faut toujours que l’outil numérique fasse sens et apporte une plus value. C’est souvent le cas, mais pas tout le temps… Je pense qu’une présence en ligne sur les réseaux sociaux permet aussi souvent de pouvoir trouver des conseils, des outils, des tutoriels et donc de dépasser le côté technique qui peut bloquer. Les DANE* sont aussi souvent sources de ressources. Pour moi le numérique en classe fonctionne de pair avec une présence en ligne : se construire une communauté de collègues avec qui on se sent à l’aise pour échanger apporte beaucoup.

Penses-tu qu’être actif en ligne sur des réseaux sociaux, des forums, des blogs, des MOOC*… contribue à la formation et au développement professionnel des enseignants ?

Oui, totalement. Les blogs permettent de prendre du recul sur sa pratique, d’échanger, de mutualiser. Je ne pense pas que cela suffise et puisse remplacer les formations avec des personnes mais c’est effectivement très complémentaire. Je ne ferais pas de classe inversée sans les réseaux sociaux par exemple, sans avoir pris connaissance du travail d’Olivier Quinet, Nicolas Olivier, ni sans les collectifs comme EdMus, Twictée, ou sans la présence en ligne d’Inversons la classe.

À ton avis, comment l’institution Éducation nationale pourrait-elle inciter et aider les enseignants à s’emparer de ces possibilités nouvelles ouvertes par le numérique ?

Je pense que réfléchir à l’équipement et à l’aménagement des salles est essentiel. Sans matériel adapté pas de numérique en classe ! Les chefs d’établissement ont à mon sens un rôle essentiel à jouer en donnant l’envie de se lancer aux professeurs et les soutenant. Cela a été le cas avec tous ceux avec lesquels j’ai pu travailler que ce soit dans mes établissements ou sur le terrain en formation. À chaque fois, j’ai trouvé des facilitateurs en la direction. Je pense qu’il faut aussi sortir des salles informatiques. Les PC, même en nombre limité, devraient être dans toutes les salles, le numérique ne sera jamais simple s’il faut réserver une salle et si l’on n’est pas sûr qu’elle soit disponible.
Ensuite, il me semble qu’il faut vraiment partir des besoins des élèves et des réponses apportées par les enseignants en soutenant et accompagnant les projets qui partent du terrain.
En plus de la direction de l’établissement, on trouvera des soutiens auprès de la DANE* ou la CARDIE* qui mettent en avant les projets et peuvent accompagner leur développement par le biais des conseillers CARDIE* ou des Conseillers Départementaux Numériques. Ils permettent aussi l’essaimage des pratiques.
Enfin, je crois aussi beaucoup à la “pairagogie”, la formation sur le terrain par les collègues ; les référents numériques ont en ce sens une importance cruciale.
Je dirais donc que les outils sont déjà en place et qu’il faut continuer à les faire mieux connaître. En formation, je suis toujours surpris du nombre très faible de collègues qui connaissent la DANE* par exemple…

Propos recueillis par Stéphanie de Vanssay

*
DANE : Délégation Académique du Numérique pour l’Education
CARDIE : Cellule Académique Recherche et Développement, Innovation et Expérimentation
MOOC : Massive Open Online Course = cours ouvert et massif en ligne

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