Carole, prof de SVT au Liban a suivi le MOOC « Classe inversée »

Pourquoi ai-je choisi de suivre ce MOOC ?

Je suis une femme qui cherche les nouveautés pédagogiques, et surtout le numérique qui fascine les jeunes de nos jours -et ça on ne peut pas le nier- pour une meilleure réussite des élèves surtout ceux étiquetés « faibles ».

Toutes mes recherches sur les méthodes actives « UTILES » et « INNOVANTES » je les ai toujours faites sur internet, à titre personnel, (USA, Canada, France, etc…). Alors je me suis retrouvée comme une « Martienne » parmi mes collègues qui suivaient des formations classiques, auxquelles j’ai assisté pour un certain temps, puis après j’ai renoncé vu qu’elles ne respectaient pas toujours mon intelligence ainsi que celle d’autres collègues : mêmes sujets plusieurs fois sur plusieurs années, même cadre, informations que je maitrisais à l’avance grâce à mes recherches sur le net etc, alors je m’ennuyais et je perdais mon temps…

En cherchant toujours les nouveautés, je suis tombée sur le MOOC « Classe Inversée », très intéressant puisqu’il est formateur, en ligne, pour ceux qui veulent, donc accessible à mon rythme, innovant, motivant, non redondant ni ennuyeux, respectant mon intelligence. Je pratiquais déjà les « flipped classes » depuis 2009 avec mes élèves du collège, et en 2012-2013, avec le nouveau programme SVT Terminale S (j’ai « osé » l’appliquer avec mes élèves de terminales…) et pour consolider cette méthode, et être au courant des nouveautés, j’ai donc décidé de suivre le MOOC « Classe Inversée au 2nd degré », et je l’ai suivi jusqu’au bout !

Qu’est-ce-que j’en attendais ?

Je m’attendais à découvrir si ma façon de faire allait dans le bon sens ou non, si d’autres collègues la pratiquaient ou non et leurs avis. Surtout je m’attendais à avoir de l’aide dans ma pratique en cas de besoin, aide que j’ai trouvée avec « MONSIEUR » MOOC à tout moment !

 

Qu’est-ce qui m’a plu ? Qu’est-ce qui a été difficile ?

Ce qui m’a plu c’est cette opportunité de discuter, de communiquer, d’échanger avec des collègues jamais vus, en ligne, de chez moi, et de me sentir impliquée dans un travail collaboratif, stimulant, encourageant, me permettant de me remettre en question, à partir des expériences des autres, de me corriger là où il fallait et de guider aussi les autres, avec un esprit ouvert à toutes les remarques.
NB : La fiche projet était très bien construite, ce qui a facilité notre tâche.

Ce que j’ai trouvé difficile, parce-que j’étais inscrite à plusieurs MOOCs à la même période, c’est le temps que je devais consacrer à ce MOOC !!! Cet obstacle m’a obligé à laisser tomber les autres malheureusement !
Une autre difficulté a été les problèmes techniques surtout l’envoi et la réception des messages qui étaient la plupart du temps très décalés. Mais c’était au début… après ça s’est réglé.

Concrètement comment s’organisait mon travail dans le cadre du MOOC ?

  • Le temps passé était supérieur à ce que l’on nous a annoncé.
  • Les tâches n’étaient pas difficiles, mais longues à réaliser par rapport aux échéances.
  • Les échanges étaient vraiment fructueux, et nous continuons à échanger entre nous encore maintenant (ressources, démarches, avis, conseils etc…)

Ai-je changé des choses dans ma pratique pédagogique suite à ce MOOC ?

Oui… la construction de la séance surtout. Maintenant elle est plus structurée.

Conseillerais-je à d’autres collègues de tenter cette expérience ? Pourquoi ?

Certainement !!!!! D’après mon expérience de 22 ans dans l’enseignement en collège/lycée au Liban (même au primaire en étant coordonnatrice), et suite à mes constatations des comportements variés mais plutôt négatifs des collègues, vis-à-vis des élèves « en difficulté », je trouve que cette pratique ouvre l’opportunité de comprendre l’esprit de la différenciation pédagogique et de son intérêt au niveau de la remédiation donc de l’apprentissage et non pas de l’enseignement. Chose à laquelle la plupart des collègues, n’accordent pas assez d’importance ni dans leur enseignement, ni dans leurs évaluations, la plupart du temps par ignorance ou par manque de motivation ou de volonté. Je trouve impératif de leur expliquer la plasticité cérébrale et son importance dans le cadre de l’apprentissage !!!!

Pour l’élève en difficulté, c’est une opportunité de tester et de montrer ses capacités en se formant en suivant son propre rythme, chez lui sans être pressé par le temps en classe, sans être dépassé par la vitesse de l’explication du professeur, ni par les termes qu’il n’arrive pas à déchiffrer, ni par le stress de vouloir suivre malgré sa lenteur qui l’empêche, ni par la panique de ne pas être à la hauteur des autres, ni par la honte de s’exprimer, ni par la peur de montrer ses lacunes accumulées qui n’ont jamais été l’objet d’une remise à niveau, ni par ses parents qui le menacent peut être !

Toutes ces contraintes mènent ces élèves à baisser les bras, et à devenir ce que la majorité des collègues appellent : faibles, paresseux, bavards, hyperactifs, nonchalants, étourdis, manquant de concentration, rêveurs en classe, inattentifs, etc… Et ces adjectifs vont les suivre d’un niveau à un autre sous forme d’« étiquettes », dont peu de professeurs vont chercher à comprendre la cause, le pourquoi, le comment faire pour « l’effacer »!

Enfin, et à mon avis, je ne peux pas dire que la Classe inversée est « LA » méthode « solution magique » ; nooon, elle a ses limites !!!! Mais c’en est une parmi d’autres méthodes actives à essayer, à pratiquer, dans le but d’améliorer l’implication et la motivation des élèves, pour effacer les «étiquetages », pour une meilleure réussite scolaire et là je précise que cette réussite ne doit pas « toujours » être évaluée par une note chiffrée même sur le bulletin !

Pour moi personnellement, c’est une grande porte qui s’ouvre entre le professeur « donneur » et l’élève « receveur » d’informations (au moment où toute information est facilement accessible sur le net en un simple clic, sans être obligé  d’écouter deux heures de cours, dans une salle, devant une personne qui parle et qui répète souvent la même chose). La classe inversée fait de l’élève « un chercheur actif » et constructeur de ses connaissances, et du professeur « un guide et conseiller actif » évaluant positivement et valorisant en remédiant, ces connaissances, en dehors de tout « étiquetage », dans une ambiance plutôt ouverte au plaisir de l’apprentissage, et non pas bloquante ! La Classe inversée réduit la distance prof/élèves, en augmentant la communication entre eux, elle valorise le travail collaboratif (et non pas individuel) en classe, et surtout l’entraide, au moment de la remédiation.

Je continue à suivre toutes les activités formatives du MOOC : ça vaut mille formations classiques malgré aussi ses limites et ses contraintes.

C’est un outil de formation « intercontinental », traversant tous les pays pour arriver devant chaque apprenant en toute souplesse, lui transmettant les informations « autrement », en respectant son intelligence et en suivant l’innovation dans toutes ses ampleurs.

Pour suivre le MOOC, il faut avoir des capacités : être connaisseur des outils informatiques et numériques avant !!!! Être volontaire pour tenter le changement, casser la routine, le conformisme en matière d’éducation, sans avoir peur de l’échec : l’apprentissage est le fruit de l’échec.

Mais si nous ne possédons pas ces capacités, ne jetons pas nos pierres sur le MOOC, essayons de travailler sur NOS propres capacités, de nous construire, pour y arriver… Soyons constructifs et non pas destructifs en étant victimes de nos ignorances !!!!

Carole Chamoun El Bared
Professeure SVT/ Formatrice – Liban

 

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