3 questions à Christophe, CPE

1. Quels sont les avantages et les limites de l’utilisation du numérique dans l’exercice du métier de CPE ?

Les avantages que l’on peut tirer du numérique dépendent en grande partie de nos compétences dans ce domaine.

Le numérique a permis de gagner énormément de temps et a facilité la gestion des absences et des retards par les AED avec le développement des logiciels de gestion de vie scolaire et le développement de l’ENT. Il me permet d’avoir un regard à tout moment dans la journée et d’avoir une vision d’ensemble plus aisée. Il est l’un des outils pour la gestion de l’absentéisme. En fin d’année, je peux assez rapidement établir les tableaux de bord de la vie scolaire et en faire le bilan annuel.

Il facilite et améliore ma communication avec l’ensemble de la communauté éducative ; ne pouvant pas toujours me rendre en salle des professeurs je peux assez rapidement avoir une réponse à une interrogation sur un élève et être informé par les collègues de tous les problèmes rencontrés.

L’accès via l’ENT permet aux parents d’être informés de la scolarité de leur enfant et de communiquer avec les membres de la communauté éducative. Les parents sont ainsi très vite au courant de tout ce qui concerne la vie de leur enfant au sein du collège (notes, absences, retards, cahier de textes, groupes de travail…) Cette communication est nécessaire dans la relation école/famille et prend toute sa place dans la co-éducation.

J’utilise également le numérique en salle de permanence afin de permettre aux élèves de faire leur travail à poster sur l’ENT. Face à cette demande, j’ai travaillé avec ma collègue documentaliste à la mise en place d’un espace 3C. L’émergence du numérique en permanence représente à mes yeux un avantage dans le métier car les temps de permanence peuvent être conçus autrement : il oblige les AED à sortir du confort d’une salle d’étude en configuration « autobus » pour faire travailler les élèves en îlots, favorisant ainsi le travail en autonomie.

Les limites du numérique sont les pendants de ses avantages, il peut vite devenir chronophage et ainsi perdre l’une de ses vertus première, le gain de temps. Il est nécessaire de mettre en place une politique de communication entre les différentes parties pour garder son efficacité.

L’une des autres failles réside dans une conception fantasmée d’un numérique qui pourrait répondre à tous les problèmes alors il qu’il n’est qu’un « outil » et ne doit pas interdire ou diminuer les relations humaines.

2. L’environnement numérique de travail a-t-il changé le métier de CPE ?

Utilisateur d’un ENT depuis bientôt 10 ans, je ne trouve pas qu’il ait changé fondamentalement mon métier de CPE. Au contraire, il a fait évoluer certaines tâches du quotidien ou du service de vie scolaire, pour me recentrer sur mes missions. Je le perçois plus comme un facilitateur intégré à mes pratiques quotidiennes. L’ENT regroupe une grande partie des outils numériques nécessaires à la gestion de l’établissement et il tire les principaux avantages liés à l’usage du numérique pour devenir un atout pour nos missions.

Les évolutions apportées touchent en premier lieu la communication. Il vise à rassembler l’ensemble des informations sur les élèves et de la vie de l’établissement. Il met à disposition en quelques « clics » l’essentiel pour pouvoir faire le suivi des élèves et facilite la tenue de nos entretiens avec les élèves ou leurs parents. En décloisonnant l’information, il devient le lien entre tous les membres de l’établissement, facilitant les échanges entre nous. Cet avantage lié à l’usage de l’ENT peut avoir quelque peu modifié le métier. Auparavant nous détenions la majeure partie des informations concernant la vie scolaire et nous étions les principaux acteurs de leur communication. La mise à disposition de l’ENT profite ainsi aux premiers utilisateurs du service public d’éducation, les parents qui peuvent ainsi accéder en temps réel au suivi de la scolarité de leurs enfants.

En second lieu, il facilite la gestion dans le service de vie scolaire et le traitement des absences/retards/punitions. Le travail des AED s’en est trouvé grandement transformé en faisant disparaître les contraintes liées au ramassage des billets et en rendant la gestion des absences/retards plus aisée. Le travail des AED peut ainsi être centrée sur l’accueil, l’accompagnement et la surveillance des élèves. En nous libérant de tâches administratives laborieuses, l’ENT nous rend plus disponible aux partenaires de la communauté au sein de laquelle nous évoluons : la relation aux élèves est ainsi favorisée puisque nous gagnons du temps grâce à l’outil.

3. La fonction de référent numérique dans ton établissement t’a-t-elle permis de développer de nouvelles compétences professionnelles ?

La fonction de référent numérique est une mission récente au sein des établissements scolaires et je l’exerce pour la deuxième année. Une formation est en cours cette année pour nous donner accès à des nouvelles compétences dans les différents domaines liés au numérique (Internet, logiciel pédagogique,…), à la réglementation, aux usages et pilotage de projets.

Je vais devoir mettre en place avec le chef d’établissement une politique numérique clairement définie et connue de tous, dans le cadre d’un volet spécifique du projet d’établissement. Après concertation avec les collègues, nous définirons les grands axes et les services à déployer. Je vais apprendre à faire de la « veille informationnelle » afin d’informer sur les nouveaux outils disponibles par la mise en place d’une communication dédiée. Ce pilotage par délégation me permet d’avoir un autre regard sur les usages numériques au sein d’une classe et leur impact en terme pédagogique.

Je développe mes compétences numériques en administrant l’ENT. En tant qu’administrateur je communique avec notre prestataire et le chef de projet responsable de l’ENT au Conseil Départemental pour leur faire remonter les difficultés rencontrées et les demandes d’évolution émanant des collègues. En début d’année je dois former les collègues sur l’usage de l’ENT ou sur ses évolutions. Je forme également les parents à leur demande pour leur permettre de naviguer et trouver les informations sur l’ENT.

Une compétence nouvelle sera la réglementation sur les usages du numérique au sein de l’établissement afin de veiller à garantir la responsabilité du chef d’établissement face aux multiples offres proposées par différents sites. Les élèves peuvent être informés sur les risques du mauvais usage du numérique.

Cette fonction va m’apporter des compétences qui seront transposable par la suite dans ma mission de CPE.

Mon avis tient compte de mes capacités à gérer le numérique, mais je suis conscient des contraintes pour certains collègues moins à l’aise avec l’outil informatique. Les difficultés peuvent pousser certains à croire qu’ils ont changé de métier.

Christophe Horta

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